‹ La mise en valeur de notre domaine colonialeChapitre 49 sur 72 · GUINÉE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

GUINÉE FRANÇAISE

En l'absence de toute route, les rivières ont été et sont encore dans cette colonie le seul moyen pratique de communications de la côte à l'intérieur du pays. Mais il faut se garder d'exagérer la facilité de cette pénétration. « On s'est longtemps servi des rivières et on les utilise encore, à défaut d'autre chose ; mais les obstacles qu'on y rencontre font qu'on ne peut aller bien loin. » En réalité, les cotres et les petites goélettes ne remontent pas au delà de 75 kilomètres de la côte. Des deux petits vapeurs qui assuraient autrefois les communij-ations postales, l'un, le Dakar, a complètement cessé son service, l'autre, le Crozat, ne le fait plus que d'une façon intermittente. Examinons d'ailleurs avec quelques détails l'importance des rivières du sud au point de vue de la facilité qu'elles offrent aux échanges commerciaux, en négligeant les marigots que leur peu de profondeur ne rend accessibles qu'au?^ pirogues indigènes.

Le Rio Compony se termine par une embouchure d'accès difficile « toutefois quelques sondages bien faits amélioreraient sensiblement cette situation et perniettiaient au commerce (Uirupéen d'établir queUjues factoreries dont la présence empêcherait les indigènes nalous de se rendre sur le territoire très prcjche de la Guinée portugaise. »

Le Rio ?s'i(nez, d'accès beaucoup plus facile malgré quelques Les Colonies, vol. III. 31

VM) MISF, KN VAI-KIK

courants assez violents, peut èlre parcituru [n'udaul l.'iO kilomètres environ par les vapeurs jusqu'à liel-Aii- et ensuite par (les haripies jaugeant de dix à quinze tonnes.

Le liio Pu)HJ0 n'est pénétrable par les vapeurs (jue jus(pi'à Dominii;hia, à douze kilonn'^res environ de l'einhouchure et, au delà, {)ar de petits voiliers de 10 à 1 '1 tonnes ipii, eux-mêmes, ne dépassent i^uère Tong-nikérini»-.

Quant à la Dubréka, eileestinnaN iyahle dès son endjouchnre.

On le voit, la navii-abilité et l'importance des fameuses « ri- \ ièi'es du sud » ont été singulièrement exay;"érées. Sauf" le Kio Xiuli'z dont l'entrée n'est point obstruée et peut-être la Mellacorée (pii débouche au sud de la presfpi'ile de Konakry, toutes les autres sont obstruées j)ar une barre à leur end)onchui-e. En somme, on peut constater que si ces petits cours dCau suffisent, à la rig"uenr, au commerce de la réi^ion côlière, leur tl^ilisation ne résond nullement le i^iand problème des voies de communication nécessaires pour desservir le Fouta-Djallon et le Soudan méridional.

COTR 1) IVOIUK

Les lleuxes de la Ca)\ç d'Ivoiic ne se jettent dans l'océan Atlantifpn* cpi'après avoir franchi, pai" de nombreux rapides, hîs gradins montagneux et boisés <|ui, du littoral, accèdent aux plateaux de la boucle du Niger. ^

Eu partant de l'est, c'est d'abord la Tanoi' navigable pour les pirog-ucs jusqu'à Noug-oua, puis la ii\ière lîia (pii cesse d'être navigable pour les |)irogues à Aboissi», c'est-à-dire à une cinquantaine de kilomètres d<' la mei'.

Le (lomo(' (pii a son iMnboiicInirc à ( îraiid-Kassam cesse

(I cl i) As|»i'-!'"lriiri ni oui. o/i. fit.

LES voiKs m: communication \\\\

(l'cMre navigable pour les vapeurs à Alép(' (40 kilomètres du lilloi'al). Ciuquaute kilomètres plus au norJ, à Malamalasso, Jrs chutes de plusieurs mètres arrêtent la marche des pirogues elles-mêmes. Le prix du tiausport d'une tonne de marchandises rendue à ce point varie entre 40 et (JO francs, suivant la saison et l'état des eaux. Une fois les chutes tournées, la Comoë retlevient navigalde, les pirogues peuvent, au prix de sérieuses difficultés, remonter le cours du fleuve jusqu'à Nahoë j)ar environ 8°, 30 de latitude nord. Quant au cours inférieur des rivières Mé et Aguéby, il est accessible aux vapeurs, bien (pi'obstrué par de nond)reux troncs d'arbres.

Le domaine du Bandama est, par l'importance et le nond)rc des affluents, le plus étendu des domaines fluviaux de la Côte d'Ivoire. Malgré son débit, il n'est navigable pour les vapeurs que jusqu'à Thiassalé aux plus hautes eaux et jusqu'aux rapides de Broubrou le reste de l'année, c'est-à-dire jusqu'à iO ou î)0 kilomèlies de la côte.

Le Sassandra cesse d'être navigable pour les vapeurs à que!- ([ues kilomètres de son embouchure et on ne l'a remonté en [)irogue, et encore avec beaucoup de dilTicullés, que jusqu'à Noucpoudou un peu an-dessous de 7° de latitude nord. Sur le Cavally qui forme la limite ouest de la colonie, le [)oint terminus de la na\ igatiou à vapeur est Niamia à 38 milles géograj)hiques de l'embouchure.

A c('>té de ces fleuves si dif'ficilemejil utdisables, la Côte d'Ivoire [)ossèd(^ une série de lagunes qui ont eu jusqu'à ce jour une importance exceptionnelle sur son développement économique. Les trois lagunes d'Assinie, de Grand-Bassani et de Lahou représentent ensemble une su[)erficie approximative de 2,400 kil. carrés presque entièrement navigable pour les vapeurs ne calaul pas plus d'un mètre ou d'un mètre dix. Il existe sur la rive nord de la lagune de Grand-Bassam des échancrures ju'ofondes facilement accessibles aux vapeuis et

VM MISi; EN VALEIH

«•*('sl par là (|nt' les iiiarchandisrs {xmivciiI rire transportées sans^rand frais aux ports (r»Miil»ar(pi(Mii('nt d'Assiiiit', de ( îraiid- Bassain et de Lahoii.

DAIIOMK

Les rivières du Dahomé, l'Ouénié et le Zou, le Coutlo et le Mono ne sont navig^ables que jusqu'à une faible distance de leur embouchure et pendant une partie de l'année seulement. i^'ndant l'expédition de 1892 la flottille de canonnières remorquées pai" des chaloupes à vapeur n'a pas cessé de remonter rOiiémé mais elle n'a jamais dépassé Abomey et cela, [)endant la saison des crues. Cette voie est naturellement [)lus fit'quentée p;u- les pirog'ues indigènes. Avec deux ou trois tonnes de niar- (■ki-îiiidises elles peuvent remonter le Mono jusqu'à Vodomé, le r.oiilVojusqu'à Ayomé, la rivière de Sô jusqu'à Toî^bota et l' Ouéiné jusqu'à Doi^ba. C'est peu de chose; encore faut-il, pour maintrfiir ouverte l'entrée des embouchures et assurer des communications faciles entre Porto-Novo et Cotonou,entreteniràdemeure trois drag-ues en plein fonctionnement. C'est surtout dans les layunes courant parallèlement à l'Océan que les comnuniications par (,'an sont les plus IVécpienles et les [)ins faciles. « Les jùrogues du pays, apportant les produits du sol aux factoreries du littoral et remontant ensuite dans l'intérieur avec des marchandises de ti'aitt;, [)euvent donc circuler parallèlement à la mer et se rendre aux ports di" Porto-Novo, de Cotmiou, de Hiiidah et de (îrand-Popo ». roulefois la na\i^atit>n lliniale de\ien(lra plus active et plus étendue, le j<Mir où les j)asses difficiles du 'Poché et d'Avansouri auront ('Mi' reconmu's «M balisées, où les mouvements réijuliers des dunes de sable anrctnt ('.II' observ(''s, où la loi qui l't'i^it les crues de r()ui''Mit'' aura étc' exacteini'til ({(''teriniin'e.

Resto niainleiiant à étudier les yrandes artères de l'ACriqu' occidentale IVaiiçaise : Sénég-al, Xit;er et Congo.

LE SENKGAL

La ceinture de }>risants qui enserre toute la cote occidentale de l'Afrique forme, à l'embouchure du Sénégal, une barre des plus danm'i-euses et qui empêche certainement ce fleuve de constituer une lar^e voie fluviale. Cependant jusqu'au barrage de Mafou, à 340 kilomètres environ de Saint-Louis, la navigation t^st possible en toute saison; et à partir de Mafou, toute navigation n'est pas interrompue. Du mois de juin au L5 décembre, les bateaux calant0"\80 peuventremonter jusqu'à Kayes, et du l^''ju 1letau 1.5 octobre, le lirantd'eauatteintquelquefois2'",.o0 jusqu'au même point terininus. Même, en certaines années, de la mijuillet au mois d'octobre, les navires jaug-eant de loOO à 2(100 tonneaux peuvent monter de Bordeaux jusqu'à Kayes. Les gros bateaux ne dépassent jamais Médine mais les pirogues continuant jusqu'à Bafoulabé et à un millier de kilomètres de Saint- Louis, on peut encore utiliser le fleuve pour les transpoits à l'aide de chalands cpii desservent les diff'érents biefs formés par les chutes et les barrages.

Le bief qui s'étend entre Loutou et Boccaria constitue même une mai^nifique voie navigable de 40 kilomètres et sur laquelle pourraient circuler en toute saison de petits vapeurs. (( Oi\ s'est même sery du fleuve pour le ravitaillement des postes jusqu'au delà de Badombé ; mais ensuite les barrages deviennent trop fré([uents, les déchargements trop nombreux, et il faut utiliseï' la voie de terre pour aller jusqu'à Kita et I3ammako.

Vers la fin de septembre la crue diminue et, au niveau Ir plus bas, les barques peuvent à {)eine aller au delà de Matani. Encore la navig-ation serait-elle complètement arrêtée si les

4*.)i MISE EN VALEIK

maiii'ols ([ui s'ernplissoiil pendant la saison des crues ne se vidaient dans le fleuve à l'époque des mai^^res et ne soutenaient ainsi son débit au moment de la décrue. « Le flot alterne du fleuve au marigot et du Inari^■ot au fleuve ( J). » Peut-être même })Ourrait-ou utiliser davantag-e ce phénomène naturel par un jeu d'écluses bien combiné. De même il smait facile d'améliorer l'entrée du fleuve si on fixait cette entrée par une jetée curviligne, prolongement de la rive gauche.

En dépitde tous ces obstacles « le Sénégal a une certairu' valeur comme voie de communication. Sans parler des services qu'il rend actuellement comme voie de j)énétraliun dans le Soudan, remarquons que c'est lui qui a permis au courant commercial de pénétrer au loin dans l'intérieiU', et à l'agriculture de se développer chez les populations noires desdeu.x rives. Actuellement encore, malgré l'interruption annuelle de la navigation, il demeure fort utile (2). »

Il faut direaussi quelques mots du Saloioi} auquel on doiui!" très improprement le nom de rivière et qui n'est qu'un bras de mei'pénétrant très avant dans les terres et se ramifiant en plusieursmarigotscjui se détachiMit du courant principal form;' j)ar le lluxelle reflux de la marée. Cetestuaii'e inai'iu baigne des h]tats indigènes que visitent régulièrement les baicpies indigènes et même de gros bateaux marchands. C'est ainsi qu'à 00 milles marins de son embouchure on trouve, sur la rive droite, h^ poste français de Kaolack que les steamers peuvent atteindre «Ml toute saison. (^

Page 1