‹ La mise en valeur de notre domaine colonialeChapitre 52 sur 72 · LA GUYANE · texte numérisé non relu

LA GUYANE

T3epuis loiighMups, la Guyane réclamait un clieniin de fer (|ui, seul, pouvaitpermettre d'exploiteravec profil les richesses si abondantes de la colonie. M. l'ingénieur Levai n'a pas hésité à assurer les risques de l'eut icprise et à en demander la concession. Ce chemin de fer aura pour origine Cayeime, rc*montera le cours de la rivière Comté, celui de sou aflluent r<>rii|>u, passera de là dans le bassin de l'Approuague et se di-

rigera ensuite par la vallée de la crique Nini jusqu'au Maroni. Un embranchemenl, partant de la région du Ilaut-Approuague, se dirigera vers la crique Yaoué, affluent de l'Oyapoc. Ce serait, en somme, un tracé de 80 kilomètres en lig-ne droite et de 100 kilomètres avec les courbes du tracé définitif.

La première section à construire aura pour point de départ Cayenne et aboutira à la rivière Aralaye. Tous ces travaux devront être terminés dans un délai de 3 ans. La largeur de la voie sera d'un mètre et les alignements seront raccordés entre eux par des courbes dont le rayon ne pourra pas être inférieur à 75 mètres. Quant à la plate-forme des terrassements, elle aura une largeur d'au moins 3"', 60 entre les fossés. Enfin le concessionnaire sera autorisé, sur sa demande, à ouvrir à l'exploitation les sections à mesure que l'avancement des travaux le permettra. Ainsi conçu, ce chemin de fer sera assez large pour permettre une circulation qui rémunérera larg-ement le capital enga.gé. *

LA RÉUNION

Voici enfin une colonie qui possède un chemin de fer, dig"ne de ce nom, en pleine exploitation, et dont les résultats justifient, et au delà, les sacrifices consentis.

Le port de la Ppinte des Galets et le chemin de fer à voie étroite de la Réunion ont été concédés à MM. A. Lavalley et E. Fallu de la Barrière par le Conseil général de la Réunion, par délibérations en date du 25 juin 1874 et 27 novembre 1875. Cette concession a été approuvée, à la suite d'un accord intervenu, par la loi du 23 juin 1877.

La Société s'eng^ag-eait, en vertu de cette convention, à exécuter les travaux du port et du chemin de fer moyennant un forfait de 34 millions. L'Etat lut garantissait, en retour, une recette aniuielle de 1.925.000 fr.

Le clicmin de fer concédé part de Saint-Pierre ponr al)ontir à Saint-Benoît, en passant par Saint-Paul, le port de la Pointe des Galets, Saint-Denis et les quartiers intermédiaires avec un développement de 125 kil. 62. La voie franchit de nondjreux torrents et le massif montag-neux qui sépare Saint-Denis de la Possession et qui n'est entamé tjue par deux étroites vallées. Aussi les ouvrag-es d'art sont-ils très nondjreux surtout si l'on lient compte de la faible long-ueur de la ligne. Tels sont, par exemple, les ponts métalliques sur la rivière du Mât et l'Etang de Saint-Paul (100 mètres), le pont métallitpie sur la rivière des Galets à 8 travées de 50 mètres; le pont métallique sur la rivière Saint-Etienne à dix travées de 50 mètres; le pont en maçonneriede la Petite-Ravineaveccinq arches de! 8 mètres; le pont en maçonnerie de la Grande-Ravine à 7 arches de 18 mètres. Enfin le massif entre Saint-Denis et la Possession est franchi parmi tunnel qui n'est interrompu que par les deux vallées de la Raviift à Jacques et de la Grande-Chaloupe.

Les travaux du chemin de fer ont été commencés en 1878. En 1882, ils étaient assez avancés pour permettre à la Compagnie de mettre en exploitation toute la partie comprise entre Saint-Benoit et Saint-Louis, sur une longueur de 115 kilomètres ; un an j)lus tard la lig^ne tout entière était ouverte au trafic.

Il s'en faut que les travaux du port, concédé à la même compagnie, aient sui\i une marche aussi rapide. Ce ne fut que le i avril 1886 que la Compagnie fut autorisée à mettre en exploitation provisoire les parties du port qui pouvaient être utilisées. Dès l'année suivante, l'Etat prononçait la déchéance de la Conq)ag^nie qui se trouvait dans l'inqxjssibilité d'ohserver lesclausesde la convention. Depuiscelleépo([ue, l'exploilation du porl cl (lu clicinin de fer est faite pai" l'Etat.

(i) Notes loiirnics par .M. Naliiicl, chef ilii scrxicc des pouls cl iliaussces.

En 1898 cette exploitation a donné les résultats suivants :

Tonnaïi;-e transporté en ç;-rande vitesse. 3.705 tonnes

— — en petite vitesse . 87.3o3 —

Nombre de voyageurs transportés . . 281.339

Dans la même année, les recettes artérentes aux voyageurs ont été de 446.905 francs ; aux bagages de 12.207 et aux marchandises de 1.173.480 francs; ce qui donne un rendement moyen de 9.140 fr. 05 par kilomètre.

Le gouvernement avait mis à l'étude le prolongement de la voie ferrée vers le sud, de façon à desservir les trois communes de Sainte-Rose, Saint-Philippe et Saint-Pierre qui seules ne sont pas desservies par la voie ferrée. Mais la difficulté de passer par le Grand Brûlé, cône de déjection du volcan en activité, et la stérilité relative des régions traversées par la future ligne n'ont pas permis de réaliser ce projet dans de bonnes conditions.

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