‹ La mise en valeur de notre domaine colonialeChapitre 58 sur 72 · CIO MISE EN V.VLEIR · texte numérisé non relu

CIO MISE EN V.VLEIR

doter les jardins d'essai des crédits nécessaires si l'on n'a pas en même temps un personnel capable de les bien employer. Ces vœux ont tous pour but de constituer ce personnel.

En commençant par le préparer dans les écoles spéciales, en achevant son instruction par des missions dans les pays chauds, en le mettant à l'abri des intrig-ues locales par l'oblig-ation de soumettre les nominations à l'avis du comité supérieur, en lui assurant des g-aranties de carrière par un décret org-anique, la commission ne doute point qu'on le formera promptement.

L'org-anisation des jardins d'essai aux colonies étant ainsi arrêtée, la commission s'est occupée du service central qui doit coordonner leurs travaux.

Dans la pensée de la commission, ce service doit à la fois : surveiller le fonctionnement technique des jardins d'essai ; recueillir, pour se mettre en état de le faire utilement, tous les renseig-nements possibles surl'ag-riculture tropicale ; pourvoir aux recherches scientifiques dont les jardins auront besoin; enfin leur distribuer des grSines et des plants pour leurs expériences et pour tenir leurs collections au complet.

Le directeur du muséum, M. Milne Edwards, sur les rapports de cet établissement avec les colonies dans le passé etsurles ressources qu'il leur offre pour les recherches savantes dans l'avenir; le professeur tic culture du muséum, M. Cornu, sur les herbiers et les collections de cet établissement ainsi que sur les envois de plants et de graines que son service n'a cessé de faire aux colonies, ont donné à la commission les détails les plus circonstanciés et les plus intéressants. Les herbiers du muséum et les collections de végétaux vivants de ses seri-es sont d'une richesse qu'on peuj^jdire sans rivale au monde. Et pour les déterminations des plantes, pour la recherche de leurs principes premiers, pour les analy.ses des terres, pour les études stratigraphiques etpaléontolog'iquesdu sol, pour l'étude des maladies parasitaires des plantes, le muséum possède dans ses j)rofesseurs une réunion unique de savants.

La commission a donc estimé que le simple bon sens, autant (|iir la itM-oiiiiaissance pour les servic(\s rendus, CDmiiiaudait dr continuera ilemander au muséum son concours dans tous les cas

ANNEXES en

OÙ il lui est possible de le donner, et de l'associer, dans la plus' larg-e mesure possible, aux travaux d'ordre purement pratique dont, en raison de son caractère d'établissement de haute science, il lui répug-nerait d'être exclusivement charg-é. C'estdans cet esprit qu'elle propose : 1° la formation d'un comité supérieur des jardins d'essai coloniaux qui serait présidé de droit par le directeur et composé en partie des professeurs du muséum ; 2" la création de serres de multiplication.

Outre les professeurs du muséum, le comité supérieur comprendrait des personnes connaissant les colonies. Il servirait de conseil au ministre pour la direction technique des jardins d'essai.

Consulté sur la correspondance des jardins jj'essai, le comité indiquerait comm-ent doit se faire le départ de leurs demandes, quelles sont celles qui ont un caractère scientifique suffisamment orig-inal pour êti*e soumises au muséum et quelles sont celles qui seront renvoyées soit à d'autres établissements de l'Etat, soit aux serres de multiplication.

Au moyen des relations que le muséum entretient dès maintenant avec les établissements scientifiques des autres peuples, au moyen de questionnaires qu*il demanderait au ministre de faire parvenir à nos ag'ents à l'étrang-er, au moyen des missions dans les pays chauds dont on chargerait chaque année quelques-uns des élèves de nos écoles d'ag-riculture et d'horticultui'e, au moyen enfin des rapports annuels des jardins d'essai des colonies, le comité se tiendrait aucourant de tout cequi se fait surle g-lobe en matière d'ag-riculture tropicale, il s'efforcerait de reconnaître les causes qui font réussir ou échouer les diverses cultures dans les pays oii on les a entreprises, il serait continuellement en enquête sur celles qui pourraient être essayées dans chacune de nos colonies et sur la manière d'améliorer celles qui y existent déjà ; en un mot, il serait sans cesse occupé à rechercher les moyens pratiques de réaliser le vœu de l'opinion quand elle demande qu'à l'avenir les produits coloniaux que consomme la France lui soient, autant que possible, fournis par ses colonies.

C'est en vue de cette partie de la tâche du comité supérieur que la commission a émis le vo'u qu'il soit donné suite au projet d'ins-

MISE EN VALEIR

tituer des missions asfricoles dans les pays chauds, qui a été étudié au ministère. Elle voit à ces missions un double avantag-e : elles compléteraient l'instruction des futurs ag-ents des jardins d'essai, et elles permettraient au comité supérieur de renseigner sur les questions qu'il lui paraît opportun de mettre à l'étude. Pour atteindre ce dernier but, le prog-ramme de ces missions devrait être demandé au comité supérieur.

Les rapports annuels des jardins d'essai seraient soumis à l'examen du comité supérieur qui indiquerait ceux qui méritent d'être publiés. Le comité supérieur résumerait chaque année les travaux des jardins d'essai dans un rapport d'ensemble qui serait ég-alement publié, où il sig"nalerait les lacunes à combler dans leur fonctionnement et où il relèverait les services rendus et les prog-rès accomplis. Cette publicité du rapport d'ensemble et la publicité partielle des rapports particuliers, en soumettant en quelque sorte à l'épreuve de l'opinion publique le personnel du jardin d'essai, si abandonné à lui-mén^e jusqu'à présent, lui donneraient un sentiment plus vif d^ sa responsabilité et soutiendraient son zèle ; elles éclaireraient les colonies les unes par les autres et créeraient entre elles une émulation. ^ •

Les serres de multiplication seraient charg-ées d'une besogne matérielle que le muséum n'est point actuellement en état d'exécuter et que, même au cas où il en aurait les moyens, on ne pourrait pas lui imposer sans le détourner de l'objet propre de ses travaux. Elles recevraient soit des collections du muséum, soit de toute autre provenance, les plantes à essayer aux colonies, elles les multiplieraient en quantités suffisantes et elles les expédieraient aux jardins d'essai.

Ces serres resteraient sous la haute direction scientifique du muséum, et c'est son directeur qui a sug-g-éré <i la commission l'idée d'émettre le vœu que l'on utilise pour leur installation les terrains qui' ont été mis à la disposition de cet établissement dans le bois de Vincennes et qui sont inoccupés. Cependant, comme elles auront à satisfaire des besoins purement coloniaux, il a paru convenable ;\ la commission que leur personnel et leur budg^et soient rattachés

au ministère <l<\s colonies.

En prépaiant un devis sommaire des premiers frais, de cette ins-

lallation quelle a évaluée à cent mille francs, la commission a agi dans le même esprit qu'en traçant le prog-ramme des jardins d'essai. En présence de lag-randcur des intérêts enjeu, elle a pensé qu'il était de son devoir d'indiquer en toute franchise ce qu'elle considère comme indispensable pour qu'ils soient satisfaits.

En résumé, l'avis de la commission est que le comité supérieur, aidé d'une part par le muséum d'histoire naturelle, et d'autre part par les seri*es de multiplication, doit constituer le service central proprement dit des jardins d'essai. Mais ce service ayant un caractère purement technique, elle ne s'est pas dissimulé qu'il ne fonctionnerait efficacement qu'autant qu'il trouverait dans l'administration un constant appui; c'est pourquoi, sans entrer dans des détails qui n'auraient pas été de sa compétence, elle a, par un dernier vœu, exprimé le désir qu'il soit créé dans ce but un service spécial au ministère des colonies.

Veuillez ag-réer, monsieur le ministre, l'expression de mon respectueux dévouement.

Le rapporteur, Paul Bourde.

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