‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 200 sur 316 · A L'HOTEL DE VILLE · texte numérisé non relu

A L'HOTEL DE VILLE

Luxembourg pour s'informer du retard; car déjà la plupart des membres, ennuyés d'attendre, se levaient. Pour les occuper, le procureur du roi et de la ville, Germain Piètre, prit la parole. Dans Texorde de son discours, comme prémisses à sa conclusion, Torateur montrait que souvent le royaume avait été sauvé de grands dangers par l'union du roi et de la capitale, et notamment pendant la régence de Blanche de Castille, mère de Louis IX (allusion transparente aux événements, et qui était pour ainsi dire un lieu commun que nous avons déjà rencontré dans le discours du Coadjuteur et dans plusieurs autres); puis, entrant au cœur de son sujet, il dit qu'il fallait courageusement représenter au roi que « TÉlal périclite; que sa bonne ville est en danger, agitée de toutes parts; que les magistrats sont dans l'impuissance d'arrêter les séditions qui s'élèvent tous les jours, et faire considérer à Sa Majesté qu'elle est enfermée dans ce vaisseau, aussi bien que ses sujets, avec toute sa fortune; qu'il en est le pilote et le maître, et, en cette qualité, chargé de le conduire... » Il concluait à supplier le roi de « nous dofîner la paix et sa présence, en nous ôtant la cause et le sujet de nos maux, pour raison de quoi le Parlement et le corps de ville avaient fait tant de remontrances.» Cette périphrase désignait probablement, dans la pensée de l'orateur, Mazarin ; mais son nom n'était pas prononcé. Le discours finissait à peine que « s'élevèrent plusieurs voix confuses qui firent grand bruit, et qui dura assez longtemps. Il y eut des personnes assez qualifiées qui dirent tout haut que, dans toutes ces conclusions, il n'y avait rien contre le cardinal Mazarin; que c'était la pierre d'achoppement contra laquelle il fallait fonuer uue union de toute la NiVle ^^^^ V*^^ ^vs^^^^^

compagnies, ce qui étonna fort les gens de bien. • Où remarqua en môme temps qu'il s'était glissé dans la salle quantité de gens qui n'y étaient point appelés. Le procureur (lu roi, ayant obtenu le silence, montra dans nu nouveau discours que tout ce qu'il ayaK représenté fêtait directement contre le cardinal Mazarin, et les voies qa'il fallait tenir pour abréger nos maux. » L'arrivée du (îtie d'Orléans coupa court à l'incident. Le bureau alla au devant de lui, et bientôt il fit son entrée avec les princes de Condé, de Guémenée, les ducs de Bcaufort et d» Sully, et plusieurs autres personnes de condition, # toi» ayant de la paille dans les mains ou à leur chapeau, So» Altesse royale comme les autres; » aussi le maréchal de L'Hôpital ne put s'empêcher de lui dire c qu'il entrait avec les marques de la sédition dans la maison du roi*. » Son Allesse royale commença par remercier, en son nom et en celui du prince, rassemblée du passage qu'elle avait

1. Ce fait important suffirait presque à lui seul pour démontrer l'eii»tence d'un complot arrêté à l'aYance. Comment ces princes, qui «descendaient de leurs carrosses, » auraient-ils eu à la main le signe du ralliement? — Talon f.t Conrart parlent également'des observations sévères que le duc de Rolian adressa la veille à Condé contre son projet, inîda inutilement; et les deux cents habits d'ouvriers loués la veille chez no fripier pour habiller des soldats, et ces chambres louées également dan* des maisons de la place de Grève, où l'on avait pratiqué dans les murs des meurtrières qui répondaient juste aux fenêtres de l'hAtel de ville? Qui avait ordonné, préparé tout cela? Et ce Blanchart, capitaine du régiment de Bourgogne, tué dans la mêlée, porté dans Thôtel de Condé et enterré le lendemain à Saint-Sulpice; et cet officier de cuisine du prince de Condé pendu dans la suite pour la part horrible qu'il avait prise à la journée. La seconde relation donnée par M. Cousin dans l'Appendice de Madame de Longueville pendant la Fronde dit qu'on y remarqua aussi des « laquais du duc de Beaufort, et que la plupart dd ces canailles étaient attitrées par les princes. » Conrart, dans ses Mémoires, rapporte qu'il y avait environ huit cents soldats mêlés aux bateliers et gagne-deniers du quartier do la Grève, et que la dépense monta à 4,200 livres. 11 n'^ a donc là aucun des caractères d'une émeute spontanée ou aculdeutelle^ maifi ua çuQtrav^\i% Uv^iiv «sc^t»

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