‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 210 sur 316 · CONTRE CONDÉ · texte numérisé non relu

CONTRE CONDÉ

Tout le monde en secret murmure de ton crime ; Le sang de dos bourgeois nous défend d'en douter. Et nous demande à tous leur bourreau pour victime.

La seconde pièce, moins solennelle que le sonnet, est peut-être plus violente : *

En mémoire de l'incendie Arrivé nouvellement, Condé veut éternellement Porter paille, quoiqu'on en die.

Ma foi, bourgeois, ce n*estpas jeu.

Craignez une fin malheureuse :

Caria paille est bien dangereuse Entre les mains d'un boutefeus.

1. 'Depuis quelque temps, les témoignages con(rc Coude- abo:id. ut;

— voir, entre autres documents, le Journal d'un voyage à ParU en 1657 et 1658 par deux jeunes Hollandais, que nous devons au savant et consciencieux M. Prosper Faugère (1862). — Il faut on gémir, mais les accepter. Le grand capitaine, l'ami des boaux génies Bossu et, Corneille, Molière, Spinoza, Malebranche,. Racine, Boileau, restera toujouis; ce sera nu héros et un lettré comme Tilly qui lisait pendant le sac milieux de Magdebourg, mais un héros inhumain, trop fidèle à la devise qu'il avait prise au sortir de renfance. « Il se lèvera comme un jeune lion et ne se reposera qu'après avoir dévoré sa proie et bu le sang des blessés.»

— Bossuet n'a pas plus écrit l'histoire lorsqu'il parle de « l'humanité » du prince de Condé que lorsqu'il appelle le passage du Rhin a le prodige de notre siècle et de la vie de Louis-Ie-Grand. »

2, La folie redoutable de la paille fut pouss''e très-loin : deux m:)zarinicns parlent d'une sorte d'ordre de chevalerie à créer, dont la paille serait l'insigne. Dans un de ces pamphlets, intitulé : Ordre de la Paille institué pour combattre les Mazarim, on trouve un fait qui, s'il est exact (ce que nous ne pouvons affirmer, puisque nous ne l'avons vu que dans ce libelle), vient encore fournir une nouvelle preuve de la misère : « Le lieutenant civil, sur la requête qui lui fut présentée que les prir sonniers mouraient de faim, déclare que les parties (probablement les créanciers) eussent à leur livrer 16 onces de pain par jour, ou il les laisserait sortir.» L'auteur de la mazarinade veut qu'on enrôle dans le parti de la paille tous ces prisonniers pour combattre Mazaria.

Page 1