‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 212 sur 316 · LETTRES DE VINCENT ET D'ANGÉLIQUE ARXXULD · texte numérisé non relu

LETTRES DE VINCENT ET D'ANGÉLIQUE ARXXULD

Tel de nous n'aurait pas la patience de lire ce qu'ont pu supporter nos pères! Certes, ils pouvaient dire avec Tacite : Dedimus profecto magnum patientiœ documentum. N'avoir pas de quoi vivre et avoir à craindre cliai|ue jour d'être tué, en un mot ni sécurité ni pain, telle est la situation des malheureux habitants de Paris et des environs : des lettres confidentielles de Vincent de Paul à ses missionnaires ou de la mère Angélique à la reine Je Pologne vont nous la montrer; nous les prenons presque au hasard, et nous n'en donnerons qu'un petit nombr

« Notre pauvreté augmente avec les misères publiques; les troubles nous ont ôté tout d'un coup 23,000 livres de rente, car outre la privation des aides (rentes sur les boissons)^ les coches ne vont plus... Nous sommes maintenant {1^^ mars 1632) 35 prôtres, tous pouvez penser quelle est notre peine pour subsisicr *. »

Les lettres de la mère Angélique entrent dans plus de détails :

« l" mai. — La barbarie des soldats est telle, que les Turcs ne sauraient faire pis ; on accuse surtout les Allemands et les Polonais de ces sacrilèges et de ces cruautés... Leur licence est si horrible, qu'entre Por(-Royal des Champs et Port-Royal de Paris, U n'y a pas une âtno dans les villages, de sorte que ne trouvant plus de pain, les soldais forcent tous les lieux où ils croient qu'il y en a... Tout Paris est rempli de religieuses qui ont fui leur asile (à Port-Royal, le 16 mai, il y en avait 160 d'étrangères à la communauté, et 2A0 le 12 juin), et le nombre augmente chaque jour.'..— 26 juin. On est ici dans la crainte d'un nouveau siège ; la farine vaut déjà 56 livres, et on a grande peine à en avoir. Le pain de Gonesse ne vient plus, les maladies augmentent, les meurtres se multiplient; enfin, ce n'est que misère s... » i

1. Arcb. de la Mission à Paris. Lettres de saint Vincent de Paul. Voir aussi celles du 10 février, du 3 mai, du 21 juin, du 5 juillet, etc.

2. Les Lettres de la mère Agnès Aniauld, publiées par Pr. Faugère (1858, 2 vol.), ne nous apprennent presque rien sur l'époque do la Fronde, cette religieuse s'étaot fait un devoir de conscience « de ne point da tout parler de ce qui se passe^ mais de faire mourir tout en soi. »

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