REMISE DU LOYER DE PAQUES
vent plus se continuer au milieu de pareils désordres*, par impossibilité môme, les contrats ne sont plus exécutés. On ne sera donc pas surpris de rencontrer une nottvelle exemption de payement des termes accordée parle Parlement aux locataires et sous-locâtaircs de Paris, sur leur requête :
Requête des habitants de la ville et faubourgs de Pans présentée à h cour lie Parlement pour la remise des quartiers de Pâques, Saint' Jean et Saint liemy prochains, attendu la miière du temps.
Supplient très-humbloment les principaux locataires et sous-loo* taircs de la ville et faubourgs de Paris, remontrant qu'ayant depuis quatre anntîcs souiTert et enduré tous les plus grands effets de la misère du temps, qui sont la guerre, la famine et les maladies dangereuses, avec touti; la peine iniaginable, se sont vus réduits comme att désespoir de pouvoir subsister, et à l'impossible de survivre à tant de maux. Vu que durant le cours des troubles présents qui agitent la France, toutes affaires cessent, le commerce n'étant plus on usage, les marchands ne pouvant continuer leurs trafics de marchandises, et los pauvres artisans et gens do métier , chargés de femme et d'enfants, meurent journellement de faim, de pauvreté et de langueur, n'ayant de quoi s'employer pour gagner leur vie. Pressés de nécei^sité, leur dernier recours est la mendicité, refuge des misérables : déserte que le mal est encore plus grand, que ce remède extrOme n'a point d'effet, tant à cause du nombre infini des pauvres qui sont dans Paris, que de la cherté des vivres, du bois et de toutes sortes de denrées qui n'y viennent qu'après avoir payé de grandes sommes d'argent aux ports, aux passages et aux entrées des villes que les gens de guerre tiennent et occupent, ce qui est le sujet de la cherté de toutes choses, qui sont aujourd'hui à des prix excessifs, et dont les pauvres gens de mdtier. faute d'argent, n'en peuvent avoir. Et néanmoins il se voit que, sans avoir égard ni considération à une multitude incroyable de personnes dénuées de biens, ne trouvant emploi pour gagner ni avoir du pain, on ne laisse pas de contraindre les locataires, dans leur grande incommodité, d'aller à la garde des portes, pendant que leur pauvre famille pâtit et gémit dans la nécessité : chose cruelle et digne de compassion, telle que, si à présent ils étaient forcés de payer un seul terme, la plu» plus grande partie, quoiqu'ils vendent jusqu'à la paille deleur lit, ne le pourraient faire.
Ce considéré, Nosseigneurs, et que la misère est encore plus grande