‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 215 sur 316 · ACCORDÉ PAR LE PARLEMENT AUX LOCATAIRES · texte numérisé non relu

ACCORDÉ PAR LE PARLEMENT AUX LOCATAIRES

qu'on ne la représente, plaise à la cour d'avoir pitié d'un si grand nombre de pauvres locataires, que la nécessité urgente, joint avec le désespoir, pourraient enfin les porter à quelque sédition très-dangereuse, laquelle il faut éviter par tous les moyens possibles. Et en cette considération, il plaira à la cour ordonner qu'elle les dispense de payer les lojersdes trois quartiers de Pâques, dernier passé, Saint-Jean et Saint- Remy prochain, commejeur étant impossible de ce faire, quelque contrainte qu'on leur fasse, ou à faute de ce, les dispenser d'aller à la garde des portes; à quoi ils ne peuvent vaquer pendant que leur famille meurt de faim; étant plus raisonnables que les propriétaires dos lieux qu'ils occupent, fournissent des* hommes à leurs dépens pour aller à la garde des portes, que les pauvres habitants locataires, dont la plupart sont sans armes et n'ont aucun moyen d'en avoir. Ce sera une œuvre de justice et de charité qu'ils espèrent de la cour et qui ne demeurera point sans récompense, s'il lui plaît les soulager par cette remise des trois quartiers de loyers jusqu'à ce qu'il plaise à la bonté divine nous f)ctroyer la paix et donner moyen au pauvre peuple de gagner sa vie. Et TOUS ferez bien. Paris, 19 juin 1652.

Suivent Soixante-seize noms de marchands, bourgeois et artisans de Paris, demeurant sur les pont Saint-Michel, pont au Change, rue de la Barillerie et environs du Palais; cette conduite ayant été imitée par les principaux locataires des autres quartiers de la ville, le Parlement prit la requête en considération et le conseiller Fedeau fut nommé rapporteur de çetle affaire. Son rapport étant favorable ainsi que les conclusions du procureur général, la Cour, par un arrêt du 6 septembre, déchargea les demandeurs du quartier de Pâques dernier, et quant à celui échu au jour de Saint-Jean suivant, elle renvoya les parties à la barre de la Cour pour contester par instance de chsKjue quartier, rue et conditions des personnes en la matière accoutumée *.

Dans un autre recueil de pièces (Bibl. Mazarino) se trouve une autre ordonnance du Parlement se rappoi tant

i. Dibl. Max. Recueil de plusieurs pièces (17G34).'

4t0 ENVIRONS DE PARIS.

au môme fait : c Le Parlement fait défense de présenterll*^ cune icqucHe au nom collectif des propriétaires, sauf l chacun en particulier à se pourvoir devant les juges o^ dinaires pour la diminution prétendue qu'il peut devoir d'un quartier d'arréragé de rentes foncières et autrei constituées pour la construction de bâtiments, de maisons dont les locataires se trouvent déchargés. »

Il est inutile d'ajouter à ces récite celui des Relation» Nous leur emprunterons un seul détail: après la journée du faubourg Saint- Antoine, les pauvres artisans des faubourgs coururent couper des morceaux de la chair des chevaux tués dans le combat, et cette viande se vendait encore 10 sois la livre... La situation des environs de Paris n'était pas meilleure, examinons-Ja rapidement, en nous arrêtant spécialement à Étampes. Une partie des troupes de Turenne vint camper le 7 mai, dit la Gazette de Renaudot, au camp d'Antoni, le gros de l'armée étant à Palaiseau, d'où les coureurs ont visité tous les villages des environs de Paris, et y ont fait tant de désordre que la plupart despaysans ont été contraints de se réfugier dans la ville; le 24 mai, d'aprùs les Nouteiles à la main publiées dans la Revne Rétrospective de M. Taschereau * ses troupes se sont tellement gorgôes de butin que les soldats se débandent de tous côtés et se retirent chez eux pour le mettre en sûreté; derrière eux, ils ne laissaient que maladies et pauvreté.

Vincent de Paul écrit à un missionnaire le 24 juillet :

« Nous avons entrepris à Palaiseau, où l'armée royale a campé YingJ jours, un aussi grand travail que celui d'Etampcs; les maladies et \% pauvreté y sont aussi extrêmes, et nos ouvriers (les missionnaires) sont tombés malados au nombre de sept ou huit, les uns après les autres,. ce qui nous oblige d'y en envoyer d'autres et de rappeler ceux-là,

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