T. XX {Journal de la Fronde
TRAVAIL DES AÈllEUX. 411
Les Relations font frissonner par la peinture des environs de Pîiris. où les armées ont campé :
u Les villages de Châtres, Linas, etc., sont déserts, et il faut faire ce qu*on fait dans les quarante lieues de pays de Saint-Quentin à Sedan, dans ces quartiers où Ton n'entend parler que de meurtres, pillages,'VoIerics, violences et sacrilèges. A Etrecliy,le8 vivants sont nirlOs avec les morts, et le pays en est rempli. A Villeneuve Saint-Gem-iies, Crosne, Liniay, on a trouvé 374 malades dans la dernière eitn-uiité, ni lit, ni habits, ni pain. Il va falloir commencer par enl'ver h* foyer d'infeciion ([ui augmente la maladie, en enterrant les cadavres d'hommes, de chevaux morts et de bestiaux, et toutes les saletés que produit le séjour d'une armée. »
La Relatio7i veut ici parler d'une opération connue sous le nom de travail des aéreux et que nous revoi rons en grand à Efampes; on la trouve mentionnée pour ia première fois après le combat qui fut donné en ChamiKigno (IGoi) auprès de Saint-Éticnne et de Saint-Souplol. Plus de 1,500 des ennemis demeurèrent sur la place, el servaient de pâture aux chiens et aux loups; à celte nouvelle, Vincent manda à l'un des prêtres de la Missiim de prendre des hommes à la journée, et de faire enterrer ces corps à demi pourris, pour délivrer les vivants d'un spectacle d'horreur qui remplissait Tair d'infeclion. Le dégel qui survint un instant rendit cette recherche des corps, épars çà et là dans la campagne, encore plus difficile; heureusement le froid revint, car, dît le prêtre chargé de cette mission, si le dégel eût continué, il n'y aurait eu personne qui voulût s'y engager pour mille écus. Ce travail coûta environ 300 livres.
A Lagny et à Gorbeil, môme état qu'à Palaiscau et à Ëlampes. A Etioles il n^'y a pas une maison entière, les malades sont exposés à l'injure du temps et dépourvus de tout secours temporel ou sjoiritueL Voyons donc ce qui