MISÈRE EXTRÊME A ÉTAMPES
se passait à Etampcs qui, dans ces Relations sert de poi de comparaison.
L'armùe des princes était sortie d'Etampes, le 23 jui après un séjour de deux mois :
« La ville était presque vide d'habitants, beaucoup étaient morts, d'autres s'étiiicnt abs^-ntés, et de c«?ux qui restaient, la plupart ét^ lai-giiissants et malades, et il y a de l'apparence que cette misera ville se ressentira encore longtemps (rauteur dom Fleureau écrivait lignes en 1083, c'est-à-dire plus de trente ans après le siège d'Etampe des désordres de cette guerre dont lirs funestes marques restent sur masures de beaucoup de maisons qui étaient auparavant habitées.
La Relation et le manuscrit d'un témoin oculaire no perinetlent d'ajouter quelques ombres encore à cesinist tableau :
« La ville est entourée do corps morts; ce qui reste dans dcsjnaiso en ruines a la peau collée sur les os, et rien pour les soulager... Les£ mctières sont trop petits pour recevoir les corps; les loups commence à y cherclicr leur pàiuic et sont déjà si affamés du sang de riiomm qu'une bute court par les villages et a dévoré trois femmes. Pour su croît de mibtres, Etampcs se trouva tout infecté, à cause desfuniie j^ pourris qui étaient répandus de tous côtés, dans lesquels on avait lais
quantité de morts, tant d'hommos que de femmes, mOlés avec des cli .{ : rognes de chevaux et d'autres bùtcs qui exhalent une telle piiantcu
;?1 qu'on n'osait s'en approcher. Les campagnes d'alentour avaient lei
part dans ces tristes calamités, les champs étaient ravagés como après un violent orag(î, et la plupart des villages abandonnés n'c fraient que le spectacle du deuil et de la désolation ^ d
Tout semblait désespéré lorsqu'on vit arriver dans o infortunés cantons quelques liommes que la ciiarité faisa voler au secours de leurs frères; ils songent d'abord ensevelir les cadavres entassés dans divers lieux de - ville ; les habitants d'Étampcs, affaiblis par la maladie ( la faim, sont hors d'état de pouvoir les seconder dans i
Montrondj Essai historique sur la ville d*Éfampes, 1836i
LES AÉREUX A*ÉTAMPES. 41S
lugubre devoir; les Lazaristes ne se rebutent pas, ils font venir de loin des hommes plus vigoureux, leur font enlever du milieu des rues ces. restes hideux de carnage et de destraction; courageusement eux-mêmes donnent l'exemple. Cinq missionnaires et cinq sœurs de charité succombèrent dans cette tâche surhumaine, véritables héros, mourant les armes à la main sur leur champ de bataille, et dignes d'être appelés par leur chef a martyrs de la Charité. » Ecoutons Vincent en parler :
« Quasi tous ceux qui travaillent à Etampes y tombent malades ; nous avons à la communauté de Saint-Lazare toujours une vingtaine de malades, ce sont maladies qui portent à^Textrémité et dont on a grand peine h revenir... Nous sommes épuisés d'ouvriers à cette heure (8 octobre)... La Providence de Dieu a appelé à lui M. David, de notre compagnie, duquel on peut dire que, en peu de temps, expievit tempora tnulia, l\ y avait seulement quinze jours qu'il secourait les malades d'Etampes. M. Deschamps, avec qui il était, m'a fait savoir qu'il y faisait autant que pourrait faire un homme venu du ciel, relativement aux eonfessions, aux catéchismes, aux secours corporels, à la sépulture des cadavres à peu près corrompus. Il alla en enterrer douze à Etrcchy qui Infectaient le village; après quoi il tomba malade et mourut. »
Le souvenir de David revient fréquemment; dans une lettre du 30 août écrite au missionnaire Bonichon à l'Hôtcl- Dieu de Melun, on lit :
m Je suis bien marri de rindisposition de vos missionnaires malades; la plupart des nôtres guérissent, grâce à Dieu, mais il en tombe d'autres qui prennent leur place. M. Delafosse, qui assistait les pauvres d'Etampes, en est revenu sur un brancart avec la fièvre; d'antres sont allés prondi'e sa place comme il avait pris celle de feu M. David, décédé dans celiea et dans cette sainte occupation. Nous ressentons tous les jours la perte d'un si bon ouvrier. Dieu a encore disposé h Crécy de M. Gilles, où il était supérieur, le 22 de ce mois ; je ne vous dis pas combien nous en sommes afïligés, parce que je ne le pourrais pas. Il plaît à Dieu do nous exercer encore par la maladie de MM. Lambert, Le Soudiez à Crécy, et Berthc en Picardie ^ »