‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 241 sur 316 · AUTORISANT LA MARAUDE D'HOMMES · texte numérisé non relu

AUTORISANT LA MARAUDE D'HOMMES

elamettrs des malheureux Champenois, mettre an terme aux succès des rebelles et aux avantages qu'ils tiraient de ces places frontières, en pénétrant dans le cœur du pays; on fut aidé par de nombreux ayis des habitants chassés qui prévenaient des endroits faibles de ces places; leurs patriotiques mémoires se trouvent encore aux Archives. Si des frontières on se transporte au centre, c'est la même situation : le Berri, le Nivernais, le Bourbonnais, le Périgord, la Saintonge, le Poitou, l'Anjou, la Touraine, l'Orléanais et la Beauce avaient aussi beaucoup à souffrir des marches et contre-marches des soldats. La guerre civile existait encore en Bourgogne et en Guienne; dans la première, une place tenait en échec toute la province : les partisans de Condé, chassés du château de Dijon ^, s'étaient retirés à Bellegarde ou Seurre, dont le voisinage de la Franche-Comté les mettait à portée des secours de l'Espagne. On ne saurait se figurer les maux qui résultèrent pour le pays du siège de cette petite ville en lisant les histoires générales : l'abbé

i. Dijon, quoique débarrassé des gens de guerre^ est loio d'avoir retrouvé le calme et la prospérité : Thôpital^ qui regorge de malades^ ue peut les contenir tous; des milliers d*autres encombrent la ville. Les membres du Parlement se chargent pour leur part de 500 (20 jan- Tier 1659); on forme une chambre des. pauvres, dont les conseils se tiennent le mardi et vendredi de chaque semaine, les autres sont remik à la charité des maisons religieuses et des séculiers aisés; mais bientôt^ comme on ne trouve pas assez de bonne volonté, on a recours à une sorte de billet de logement, et ordre à ceux qui le recevront de nourrir les pauvres qui en étaient porteurs, sous des peines sévères. Des con- •eillers de la chambre des pauvres, à la tête desquels étaient Michel Minière et Philibert Delamarre, devaient entendre les plaintes des. pau« Très au sujet de ces billets, et en donner à ceux qui n'en auraient point eu; la ration fixée pour les pauvres était une livre et demie de pain et on potage. Le mal ne s'arrêtant pas, Millotet, maire de Dijon, fit une consultation des médecins, qui tous ont donné pour causes du il/'au la misère elles immondices qui encombraient la ville (27 novembre 1G52). Begist. jBf. dB Parlement de Dgoa^ t. Hl^ f9 821, fonds SerillY^ 391.

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