‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 247 sur 316 · IN GUIENNE · texte numérisé non relu

IN GUIENNE

Sarlatf Marmande» Périgaeax, etc.; encore tontes ces villes étaient-elles dans le pins triste état, par snitë de la misère et des divisions intestines :

et Gonti^ dit la Gazette, 23 ]an?ier 1653, ne marché plas ici qa'aTec 55 gardes qui le suî?eDt partout et demeurent toute la nuit dans sa maison^ à cause de la défiance qu'il a de la populace, bien que^ pour se concilier son amitié^ il ait accordé depuis peu une ordonnance portuA rabais d*un quartier des loyers, ainsi qu'a?aient fait les jurais, a

Mesure politique imitée de Paris qui pouvait s*expii« qner par la ruine complète du commerce ; les navires n'osant point charger de vin à cause des défenses faites par les Ormistes de payer les droits dans les bureaux établis à Blaye et autres Jieux suspects, et à cause de la contagion presque en permanence pendant ces troubles et qui menaçait tout le pays d'une dépopulation générale. En trois jours (septembre 1653), on ferma plus de quarante maisons et les couvents des carmélites et des récollets; la •famine venait encore se joindre à tous ces fléaux de la guerre et de la peste, le pain se vendait à Bordeaux plus de huit sols la livre, les campagnes étaient ravagées par les courses des troupes qui n'avaient plus d'autre moyen de vivre que le pillage ^

1. Gazette de France, 23 janyier 1653, 15 février, 20 mars, 30 avril, eto. La situation est la même dans le Languedoc : depuis 1651, la disette et la peste y sont en permanence; on est réduit à placer les malades dans les collèges abandonnés. Pour subvenir aux charges, on établit un nouvel impôt sur tous les objets de consommation déjà si chers (février 1653); chaque pièce de gros bétail payait à l'abattoir 12 livres de droit, ou se taxe, et à peine obtient-on, par ce moyen, 8,000 livres par mois, somme tout à fait insuffisante pour la nourriture et les soins qu'exigent les indigents et les malades. Tout le Midi est aussi raalheu* reux. On voit la peste dans le Rouergue depuis le 28 novembre 165S; à Agen, que le Parlement de Bordeaux abandonne pour la Réole, la moitié des habitants périt; la population des villages environnants^ réfugiée dans la ville pour échapper à la famine causée par iet f

LETTRE DE MAZABIN A GAIfDALB. 4

Une dépèche de Mazarin au duc de Candale nous & pensera de citer tout autre document pour faire apprécier l'ètal de Bordeaux, la situation de la cour et de Tannie royale, enQn la manière dont on faisait la guerre :

« 4 mai 1053. — Bordeaux est incommodé par tontes sortes de pi- Talions, et une lettre de Lenet à M. le prince, que l'on a interceptéei proa?e que ceux do Bordeaux ne croient pas avoir b&te d*étre seeooros... U semble qu*il ne serait pas inutile de menacer d*abord d'arncher les vignes et de brûler les maisons des champs , pouvant arrÎTer que cela causerait quelque bon mouvement dans une ville dont l&riohosse consiste en cette sorte de bien... Quant au pain et à rartilleris que vous demandez, on a donné là-dessus tous les ordres qui poafaient dépendre d*ici dans Tétat présent des affaires, où je vous pais dire, sans exagération, que Jamais il n*y eut tant de peine à pouvoir troarer de Targent, et cela est si vrai que notre campagne sera de beaaeoup retardée, Taute de pouvoir fournir aux troupes une assistance médiocre pour les tirer de leurs quartiers, quoique l'arcliiduc, M. le prince et le duc de Lorraine fassent tous les efforts imaginables pour se hftter d*entrer en France par deux endroits différents, avant que ooos pnissions être en état de leur résister... Vous devez croire qu'à moins qoe les choses soient impossibles, je les entreprendrai toutes avec joie pour vous faciliter les moyens de réussir dans votre emploi , y étant porté par des raisons si fortes qu'il ne peut y en avoir de plus puissantes sur moi, puisqu'il s'agit du service du roi et de votre gloire particulière (allusion au projet de mariage du duc avec une nièce de Mazario); mais à vous parler franchement, vous ne devez pas attendre qu'oo TOUS envoie de Targcnt d'ici, tandis qu'on n'a pas seulement de quoi pourvoir à la dépense ordinaire do la maison du roi et aux choses absolument nécessaires pour souteuft* reffort des ennemis du côté des Flandres. C'est pourquoi il faut que vous tâchiez à trouver des fonds, à yivre dans la province môme, et que vous fassiez en sorte qu'elle fournisse à l'avenir les moyens de faire la guerre ^. »

Comme à Paris, le clergé intervint pour demander au

guerre et logée dans des cabanes élevées en dehors des mnrs^ meurt ^e misère; à Montauban, l'épidc^mie emporte plus de 8,000 personnes; le Quercy en est tout dévasté. Voir Âldeguier, Histoire de Toulouse; Gaujal^ Histoire du Rouergue; Boudon, Histoire du département di Lot'^t'Garonne; Lebret, Histoire de Montauban, etc. ' Bibl. imp.^ ms. 861. Gaignières, t. LX*

RÉACTION CLÉRICALE A BORDEAUX. 4êi

ciel la cessation de tous ces .maux, au grand ayantage du parti royaliste : « Le 30 janvier, à l'ouYcrture des prières de quarante heures, le curé de Saint-Pierre ût une docte prédication, en laquelle il exhorta ses paroissiens à secouer le joug des Ormistes, » Aux reproches du prince de Conti qui Taccuse d'avoir prêché contre son parti, le curé réplique qu'il n'est partisan que de l'Evangile; arrêté, il est délivré par ses paroissiens qui s'avancent au 8on du beffroi. Le lendemain il reçoit ordre de s'éloigner ainsi que les curés de Saint-Simon, de Saint-Projet, le prieur des jacobins, le gardien des capucins, quelques conseillers et bourgeois*. Bientôt desmesures plus sévères vinrent révéler la dillîculté de la situation où se trouve rOrmée : une ordonnance du 13 février enjoint à toutes personnes inconnues de sortir de la ville, avec défense aux hôteliers et autres habitants de loger aucun étranger sans en avertir les jurats. Cette ordonnance était motivée par la découverte d'une nouvelle conspiration d'un cordelier, le P. Berthod, qui déjà avait été mêlé avec 5b p. Faure, plus tard évoque d'Amiens, aux conspirations royalistes de Paris, et qui avait gagné à la cause de la cour le P. Ithier, supérieur du couvent des cordeliers de Bordeaux^. La conspiration échoua»encore, mais pour

i. M. GoQsîa n*a pas assez mis ea lumière ce mouTemeot clérical, en abordant immédiatement la conspiratioD des PP. Berthod et Ithier, qui n'en est que le couronnement.

2. Voir pour toute cette conspiration et celle de Filhol le piquant récit de M. Cousin^ p. 325, les Mémoires trop peu connus de Berthod* Nous avons trouvé à la bibliothèque iujpériale, dans le Recueil Cangé, !• XXVlll, deux sauvegardes données au P. Berthod à la date du 20 octobre et du 24 novembre 1652, ce Tautorisant à se travestir, si besoin est, pour le service de Sa Majesté, sans que pour cela il lui puisse être imputé d^avoir contrevenu à sa règle et aux ordonnances royaux. Sa Majesté l'ayant mis sous sa protection et sauvegarde spéciale, mande 4 tous ses officiers de lui procurer aide et assistance^qaand ils en seront

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