LES RELATIONS, INTERROMPUES
cune rente, pas môme pour payer « l'office divin, qtfl faul cesser.» L'assemblée généi-ale du clergé de Fraw en 1656 autorise les diocèses de Picardie et de Cha» pagne de présenter, lors de la demande des impôlj, c rinformalion de leur ruine et spoliation. » Tous lesor» dres religieux mendient littéralement, et un écheyiad» Laon, dans sa déposition, les dépeint c errants parle chemins, couverts de guenilles, méconnaissables et ne sachant où donner de la tête. >
On avait voulu, au commencement de 1635, intffrompre la publication des Relations, c de peur qu'étant à l'avenir trop communes, elles ne fussent méprisées et Jetées au nombre des feuilles volantes. » A la fin d'avrfl, ils en risquent encore une, « comme la dernière voix de nos pauvres. Voyez par nos Relations, crient-ils bien haut, si vous ne l'avez vu de vos yeux. »
« Nos terres sont abandonnées, en friche, et appartiennent ao premier qui veut s*en emparer; le reste des dL^bris de nos maisons est occupé par les étrangers, les enfants sont sans pères, les femmes veuves; à peine avons-nous de l'eau pour nous rafraîchir et du bois pour nous chauffer. Nous sommes contifiueilement exposés à la captivité de l'ennemi qui nous accable de contributions, et nous fait tomber sous le fardeau. Notre peau est desséchée comme l'herbe jetée dans le four par la grandeur de la famine qui nous dévore, et par les cuisans chagriDS qui nous consument. Saint-Quentin... On a envoyé quelques pièces de méchante étoffe appelée du bourra pour revêtir les plus nus... Laon... L'hôpital est rempli de soldats dont la misère touche le cœur;lapoBr* riture et l'infection de leur corps est telle qu'on ne peut les aborder i on a revêtu trois cent soixante-douze pauvres dans les villages circoO' Toisins, et a fallu encore en renvoyer un très-grand nombre, dont TafiQiction est sans égale, voyant que l'impuissance mettait hors d*état de leur faire du bien ; l'on a envoyé quelque peu d'argent pour lei pauvres de Marie et de Montcornet. Ce que l'on donne ne sert qu*» faire connaître la grandeur de rafiOiction, et qu'elle ne se peut plus soulager. »
On peut deviner la douleur et Tefifroi de ces malûeu*