‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 286 sur 316 · ET LE CADASTRE EN DACPHIXÉ · texte numérisé non relu

ET LE CADASTRE EN DACPHIXÉ

-•• feux, en 1461 , seront encadaslrées et déclarées taillablesà perpétuité, nonobstant toutes transactions, arrêts et pré-

^ tendus privilèges ; en outre, les deux premiers ordres et tous les officiers de la province seront tenus à contribuer au payement des sommes qui s'imposent pour rentretènement des garnisons, passages, séjours, logements et foules de gens de guerre et autres charges dont le brevet de la taille est composé, outre et par-dessus le taillon ancien et don gratuit du clergé, à cause de tous les biens qu'ils possèdent, tant ecclésiastiques, nobles que roturiers. » Louis dit le Juste ne put ratifier une demande aussi légitime; il ordonna que les terres possédées à titre quelconque par les ecclésiastiques on les nobles avant 1559, seraient exemptes de toute taille , mais que les biens roturiers acquis par les deux premiers ordres depuis 1628, seraient encadastrés pour être et demeurer taillablesàperpéluité. C'était enfin un premier triomphe; il fut fort contesté, si on en juge d'après de nombreux arrêts (9 janvier 1636, 23 mai 1637, 6 avril 1639) et surtout d'après .le dernier règlement fait par le roi, le 24 décembre 1639, encore plus favorable au clergé et à la noblesse que l'édit de 1634, puisque les terres roturières acquises par les deux ordres depuis 1635 seront seules soumises à la taille. Révision générale des feux était ordonnée, afin d'établir les impositions nouvelles sur une base solide; mais, comme presque toujours, on éluda Tordonnance; elle ne commença à être exécutée sérieusement que sous Colbertenl669, et ne fut terminée qu'en 1705 *.

1. Nous devons communication de la plupart de ces pièces à l'obligeance du saraut bibliothécaire de Grenoble, M. Gariel, l'auteur des Delphinalia, M. Gariei a réuni avec pe\nft uu ^«>^x ^t^t^^ ^v^'ccA^^^ 4^

5t2 MÉMOIRE DE FABERT

Cette latle difQcile et glorieuse, qui a échappé ï ton DOS historiens même les plus sincèrement dévonésàb cause du peuple, lesSismondi, les Michclet, les Henri Martin, les Duruy, les Lavallée, et aux économistes, avait cependant frappé les contemporains; nous en trouverons un écho affaibli dans la correspondance de Faberl, lorsqu'il entreprit de doter du cadastre la Champagne, et à la suite, si c'était possible, la France entière.

La conduite de Fabert, dans cette circonstance, nous inspire, nous l'avouerons, une sympathique admiralioD. Parvenu par sa fortune, son mariage, ses honneurs, à une positioiiélevéc,ayantpris rang désormais parmi les privilégiés 1, Fabert pouvait se tenir tranquille, faire sa coar,8e pousserenavant^adonnerlapicoréeà sa gloriette», comme disait le prévôt des marchands de Paris sous Charles VU, Michel de Laliier;mais comme lui il préféra ((administrer

documents sur cette lutte, et il compte en publier un jour le curieoi historique, faire connaître le Barnave et le Mounier du XV1I« siècle, peu apprécié encore; les historiens anciens écrivant sous la pression du clergé et de la noblesse n*ont que peu parlé de l'homme courageux que ces deux ordres « persécutèrent à outrance, » dit M. Gariel.— M. J. Caillet et M. Chapuys-Montlavi'.le seuls l'ont un peu entreTU. En attendant ce savant travail, disons que M. Ch. Lanrens vient de publier sur ce sujet un opuscule tout récent : le Procès des tûilles (1337-1G39); Claude Brosse^ ArUhoine Rambaud^ in-S®, 68 p. 1868.

1. Au mois de mai 1650, au moment où Fabert allait être si utile à Maz.'iiln, le minist'O exilé et en disgrâce ajtparente avait fait ériger, pour son dévoué ami, en marquisat une terre située dans le bailliagre de ia Montagne, au duché de Bourg.>gne. M'. Chevrenl flls a comniuDiqué à la Société d'Histoire de France le titre original des lettres-patentes signées par Louis XlV au profit d'Abraham de Faboit. « La création est faite au nom de la reine régente, en récompense des giandset recommaudables services rendus par Fabert à ia couronne en plusieurs charges qu'il a exercées depuis l'âge de 18 ans, durant trente-six années de guerre, tint en France qu'en pays étrangers. » Bulletin de la Société d* Histoire de Francic, V%^^^v^^'^^^^-

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