POUR UN CADASTRE EN CHAMPAGNE
les inlérôlsdu povrc etmenQ peuple, » à une époque où il n'y avait que des donneurs d'avis, comme Tonti, c'esl-à-dire des gens qui enseignaienl à londie de prés le troupeau, à la condition d'avoir une part au marché. En 1636, Mazarin étant ministre et Nicolas .Fouquet surintendant des finances, au lendemain de la Fronde, le nom de réformateur est mal porté; nous sommes loin encore du moment oii la vieille machine étant pour tous visiblement usée, chacun voudra y mettre la main, la soutenir et cliercher un remède. Plus tard, les systèmes de gouvernement seront à la mode : Fénelon, Vauban, Boisguillebert, le second Dauphin, Boulainviiliers, Saint-Simon, Racine, Chevreuse, Beauvilliers, etc., seront atteints de ce mal contagieux ; de son temps, Fabert est seul. C'est à nos yeux ce qui l'élève au-dessus des contemporains.
Une série de lettres, trouvées par nous aux Archives de l'Empire, nous a révélé ce projet inconnu et glorieux du maréchal.
^^ Mémoire de Fabert présente à Son Émiiience (le car- Blinal Mazarin), par M. de Termes, en même temps ^Ea'une carte de Cliampagne, faite par M. Téruel.
^H' « Il est cogneu h Son Enilncnce que la ruine du peuple procède de
^^bqae l'orgrnt qu'il pnje coaUnuellemenl esl diTerli pour Ispfui grande
^^prU«, et q iB lu maitidre >ï seulenienl au roi.
^'^ « Que cette uioindre pavlie ne poutstit sur're aui dépenseï oéees- Mires, qu'il faul Taïro ri'suUej îniposilions qui, £tïnt sujctles box mimes accidents, meiieat le peuple dans l'impouibililé d*; satittmte et la nécessité d'sbaudonuer leur demeure ou de désobéir, et ce dernier eit'lppujé des seigneurs des lillages puur conseryer leur bien; et l'eipiil dd révoUe passe ainsi du menu peuple aux nulres dont lea grands proDlent dans leurs dibutbIs desaeing,
B 11 senibl.! qu'on peut éviter ce inal-lk, en perreclionninl l'ouirege ane Sop Eminence a si beuretisenent et glorieusemeni commencé par
5t( MÉMOIRE DE FABERT
réttblissement des quartiers d*hifer ^ comme ils sont k présent, ^k moyen desquels le peuple ne paye pas un sol de ce qui lui esl ordomi qu'il ne soil employé en choses nécessaires et au bien. de 1*ÉUL Mais comme la corruf lion est extrême parmi les officiers établis pw les tailleSf ils ont trouvé moyen de continuer leurs toIs, donnanlda mémoires faux de la force des lieux, prenant argent de ceux qu'ils oïl fait taxer bas, et cela avec tant d'insolence qu*ils ne le nient pas; qië* qnes-uns d'eux ayant dit à des personnes qui sont dans le service et de condition que leurs villages étaient à des taxes plus haut que d'antres, parce qu'ils n'avaient soin que de ceux qui les considéraienti ayott égard qu'ils. n'avaient plus de gages.
« Cette manière d'agir des élus mettes Élections de Reims, deRethel et de Sainte-Menebould en danger de ne pouvoir payer ce qui leur est imposé pour le quartier d'hiver ; car les villages bons deviennent insol" ▼ables par l'excès de leur taxe, et les mauvais, bien loin de se remettre, seront bientôt déserts. Tout le pays sera aussi inculte, les gens da guerre prenant les chevaux de labour ; étant certain qu'en ruinant cette année les villages surchargés ainsi par les élus, que la prochaine année les autres seront ruinés par la charge trop grande qa'ils auront kpe^ ter*, ou il faudra réduire la taille à moins de la moitié, qui serait use grande perte au roi.
« Pour éviter cela, il semble nécessaire de prendre une autre voie que celle des élus pour faire la répartition de la taille : laquelle ne pest être que d'employer un homme de bien et habile à connatire la force de chaque lieu par la grandeur du territoire et nombre des habitants avec les circonstances sur ces deux chuses qui seront nécessaires, et Ton mettrait ensuite, si l'on voulait, ces deux susdites choses sur le billet qu'on baille aux gens de guerre, sinon l'on le tiendrait secret ; mtiS mo7? avis serait que tout se fit à découvert pour la satisfaction gêné" raie des peuples. J'ai communiqué ma pensée à M. Yoysin \ comme il parait par la réponse ci-jointe qu'il y a faite.
1. Fabert avait organisé des quartiers d'hiver pour les troupes avec un grand soin, évitant d'envoyer des garnisons trop considérables pour les ressources d'une localité et en même temps procurant au soldat des endroils convenables et suffisamment pourvus pour y Tivre. Par des inspections fréquentes et des notes demandées chaque mois à l'habitant sur le compte du soldat, Fabert était parvenu à y faire régner UQ ordre admirable; les villages abandonnés se repeuplaient peu à peu.
2. Par suite de la loi de solidarité ou de solidité^ comme on disait alors.
8. Daniel Voysin, beau-frère de l'avocat général Talon, succesBive^ ment maître des requêtes en 1646, conseiller au Grand-Conseil, intendant en Auvergne, puis en Champagne à l'époque de Fabert, enfin prévdt des marchands dePma ^u \.^<ïl,\ja%Vs.\.vt^%^^^':^sisev.VkV.wstfliit