LA FRONDE EN GUIENNB
Pendant quoique lemps, le duc changea même de conduite, et, voulant se rendre populaire aux dépens du Pa^ lement, demanda la décharge des droits que payait chaque tonneau qui descendait par la rivière de la 6a» ronnc, < craignant qu'après la Saint-Martin le Parlement n'en défendît la levée pour se faire valoir aux peuples. Je considère, ajoute-t-il, le temps et la disposition générale des esprits, et juge plus à propos de céder quelque chose que d'émouvoir, en se roidissant, des séditions et dM révoltes qui nous pourraient jeter en des conf osions ^tianges. •
S'il eût persisté dans ces sages mesures, d'Épemoncût peut-être évité la guerre; mais bientôt il aima mieux en appeler h la force : il représenta que le seul moyen d'assurer la paix à Bordeaux, c'était de construire une citadelle à Libournc, au moyen de laquelle il serait maître do la Dordogne, comme il l'était déjà de la Garonne par le château de Cadillac, et, en cas de révolte, couperait les vivres à l'insurrection. Anne lui accorda facilement cette autorisation; en mémo temps d'Épcrnon assigna comme quartiers d'hiver aux troupes qui revenaient de Catalogne les villes de la Réole, Bazas, Saint-Emilion, Cadillac et les gros villages de l'Entre-dcux-Mers, violant aii^si les privilèges de- Bordeaux, dont les troupes ne pouvaient approcher à une dislance moindre de dix lieues.
Une pareille conduite, surtout avec la coïncidence des événements de Paris, devait cxciler de nouvelles émotions. Du Bcrnet les confiimc dans une lettre au cardi* nal : < Toules les fois que les courriers viennent de Paris» lui écrit-il le 28 janvier 1049, les esprits s'allument, et étant ainsi excités, il n'y a pas de moyen de les calmer. » Mais d'Épernon, enhardi par le succès, part pour Ca-