RÉHABILITATION DU GÉNÉRAL ERLACH
OÙ elle redemande cette somme pour établir ses filles et entretenir honorablement sa maison. M. de Longueil, surintendant des finances, tout en reconnaissant la dette, déclara ne pouvoir l'acquitter.
Un fait que nous rencontrons dans le journal si précieux de notre notaire de Marie, vient confirmer l'impression produite sur nous par la correspondance d'Erlacli. Le 12 mai 1649, l'armée d'Erlacli, composée de treize mille hommes avec douze pièces de canon, pendant un séjour d'un mois aux environs de Marie ou à Marie, « fit fort peu de dégâts, en conséquence des défenses qu'en avait faites ledit Erlach. » Cette modération, que MM. Fleury et Maynard traitent de « caprice de douceur inexplicable, » s'explique tout naturellement par la discipline qu'exige et qu'obtient ce malheureux d'Erlach de soldats qui viennent de recevoir leur solde, mais que lui refusera bientôt celte même armée le jour oîi la solde manqua, et où pour vivre il fallut piller le paysan. Pour nous, nous avouons qu'en face de cette correspondance, nous ne pouvons que plaindre d'Erlach; nous ne nous sentons pas le courage de lui appliquer l'épithèle de bandit, inséparable de son nom dans les récits de ces historiens qui se sont fait l'écho de la rancune des malheureuses populations. Nous n'hésitons pas à faire remonter la responsabilité de tous ces actes horribles, non plus au général, mais au malheur des temps et au gouvernement lui-même qui le réduisait à cette triste position, à Mazarin, à Anne d'Autriche, à Louis XIV; et cette justification ne s'adresse pas seulement à d'Erlach, mais à son lieutenant Rosen-Worms, qui devint son successeur dans le commandement des Allemand;., au maréchal Du Plessis-Prasiin, dont la correspondance annonce la plus