DE DIGBY EN FRANCE. 14S
ardente et ennemie de la légalité. Une bravade, exécutée en face des deux armées, le met en relief, et Mazarin lui fournit des fonds pour lever au nom du roi un corps d'auxiliaires irlandais et anglais. On comprend maintenant quelle rage devaient apporter des hommes qui retrouvaient, en face d'eux, sur les champs de bataille de France, la cause parlementaire, qui les avait vaincus en Angleterre et chassés pour longtemps de leur pays; nous renverrons le lecteur curieux de ces cruautés à la brochure de M. Fleury, qui les rapporte tout au long, mais qui avait négligé de faire connaître leur redoutable chef.
Parmi les noms que les paysans de France ont le plus maudits avec ceux d'Erlach et de Digby, nous sommes obligé d'inscrire un troisième, et malheureusement nous ne pouvons trouver pour lui d'autre excuse que la violence de son caractère, son impatience de toute loi et le souverain mépris que font de l'humanité ces grands exterminateurs pour qui la vie humaine et tous les droiîs qui découlent de ce premier droit disparaissent devant une question d'ambition ou d'intérêt. C'est avec regrel que nous nous voyons contraint d'amoindrir la gloire d'un de ces hommes qui ont rang parmi les illustrations di' notre pays, font partie de sa grandeur nationale et contribuent à lui donner une place élevée parmi les peuples : il s'agit, en effet, d'un de ces héros pour lesquels l'épi- Ihète de grand est devenue inséparable du nom, d(^
Condé Mais c'est une triste vérité que les nombreux
documents de la Fronde mettent en lumière : sa véritabU' gloire est limitée à celle de général; le sentiment du bien et du mal, l'amour de la patrie lui font complètement défaut. La cruauté de Condé semble proverbiale dans tous