U6 LES BANDES DE CONDÉ
les écrits de l'époque, c'est le trait dominant de son caractère ; on dirait que sa figure, qui a quelque chose de l'oiseau de proie, avec ses yeux à fleur de tête et son nez aquilin, terrifiait les contemporains. Un pamphlétaire nous montre-t-il Mazarin recommandant la rigueur à Anne d'Autriche? vite il fait intervenir Condé comme exécuteur; dans la Custode de la reine qui dit tout, Mazarin s'exprime ainsi :
Mes conseils nécessaires à Votre Majesté,
Pour les exécuter vous avez deux grands princes (Condé et Gaston)
Qui (lonnero7it les mains au sac de vos provinces,
L'un par impiété, l'autre par lâcheté.
Une autre pièce assez rare se sert des mêmes mots : Les impiétés sanglantes du prince de Condé. On n'y voit que meurtres, viols commis par les troupes de ce prince, et l'historien ne peut s'inscrire en faux contre le pamphlétaire. Orner Talon, qui en parle aussi dans ses Mémoires^ ne songe pas non plus à repousser l'accusation. Condé lui-même ne fit rien pour la démentir; aucune enquête, aucune poursuite ne fut dirigée contre l'auteur, quoiqu'elle n'ait été publiée qu'après la paix de Saint- Germain, c'est-à-dire au moment même de la plus grande puissance du prince. Nous n'analysons pas ces pièces, nous voulons éviter les redites de misères, de cruautés que nous rencontrerons trop souvent dans la suite de ce récit K
1. Voir aussi Avis, remontrance et requête par huit paysans de huit provinces, députés pour les autres du royaume sur les misères et affaires du temps présent, au Parlement de Paris et à ceux députés et assemblés àRuel pour la conférence, composé pur Misère et imprimé en Calamité. 1649, 72 pages. Ces paysans sont le Bourguignon, le Picard, le Champenois, le Poitevin, le Breton, le Tourangeau, le Normand et le Manceau. Rien de plus curieux et de plus juste souvent que l'exposé de leurs griefs: l» Assemblée des États généraux; la» plus d'étrangers pour faire la