‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 104 sur 420 · LES GENS DE GUERRE EN ANJOU · texte numérisé non relu

LES GENS DE GUERRE EN ANJOU

Si de Paris et. des provinces voisines nous nous transportons dans celles qui sont le théâtre de la guerre, au centre et aux extrémités de la France, le spectacle n'est pas moins hideux; ilestpeut-ôtreplusetïrayantencorepar suite de l'àprelé des haines provinciales. « Dans l'Anjou et le Maine, je ne puis vous décrire le dégât qui s'y fait, les massacres des gens de guerre qui promènent partout le vol, le viol et l'incendie, les villages abandonnés... Les deux régiments de la Villette et d'Infanterie de la reine se distinguèrent par leurs excès. Angers fut traité en pays ennemi : souvent ils établirent leurs écuries dans les salons des hôtels les plus riches et les plus soigneusement décorés; les citoyens suspects furent frappés de contributions exorbitantes, et la municipalité épuisée fut heureuse de recevoir du clergé un don de deux mille quatre cents livres pour subvenir au logement et à la nourriture des soldats. Après six semaines de ce régime, le duc de Brézé se laissa apaiser par l'intervention de l'évêque Henri Arnauld et par les flatteries du quartier des Loricards, qui lui éleva une pyramide avec celte inscription : Magno Brezœo.

La Normandie n'est pas plus heureuse ; tous les documents judiciaires de l'époque ne présentent que « pilleries, extorsions, violences » des deux armées, royaliste et frondeuse. Une lettre inédite du comte d'Harcourt (23 mars 1649) vient fournir encore une preuve nouvelle de la situation des généraux :

guerre; un Suisse dépense plus que six Français, honte et dommage pour la France, qui a tant d'hommes et ne saurait se passer de ses voisins; 19° les financiers, gens d'église ou de chicane contribueront pour achever le Louvre; 20° les princes et seigneurs n'auront plus de pension; 22" les charges de gouverneur de province, de ville, etc., ne seront plus héréditaires.

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