‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 108 sur 420 · LA FRONDE EN GUIENNE · texte numérisé non relu

LA FRONDE EN GUIENNE

comte d'Alais, accepta facilement la paix humiliante que le roi lui imposa.

Les relations sur le Bordelais sont déchirantes; l'une d'elles résume ainsi la situation :

« Le Bordelais est en grande désolation : on n'entend que les cris des pauvres habitants; on ne voit que villes brûlées, chemins couverts de morts; les villages d'autour de Libourne sont tous perdus, c'est un pays de désolation et de tristesse. Camblanes, La Tresne^ Carignan, Tresses furent pendant plusieurs jours la proie d'une soldatesque d'autant plus insolente que ses excès étaient impunis. A Camblanes, l'église, où s'étaient réfugiés les habitants, devint la proie des flammes, et une jeune fille, poursuivie par un soldat, aima mieux se jeter dans le feu, préférant la mort au déshonneur. Un capitaine du régiment de Guienne, touché de compassion, l'arracha à la mort; malgré cette protection, le soldat, n'écoutant que sa passion brutale, la poursuivait encore, et l'officier ne put la sauver qu'eu tuant, après un combat acharné, le forcené ravisseur. »

Laissons toutes ces provinces à leurs ruines et étudions un peu celles qui n'ont pris aucune part à ces troubles, comme le Lyonnais et le Dauphiné, que la sagesse de leurs gouverneurs surent retenir et conserver dans la tranquillité; leur situation est bien peu préférable. Lyon s'est épuisée par les droits de joyeux avènement et les renouvellements des privilèges : au lieu de 1,230,000 livres qu'on lui demandait, elle n'a pu en donner que 780,000, et encore, pour faire cette somme, la ville a dû engager pour huit ans le produit de ses octrois. Aussi, malgré la situation favorable de l'industrie lyonnaise à l'époque des troubles, puisqu'elle avait environ douze mille métiers \ la misère fit bientôt sentir ses atteintes:

1. L'industrie de Lyon ne se rétablit que dix-sept ans après, en 1667 • sous l'administration de Colbert, et sauf quelques années florissantejusqu'à la révocation de l'édit de Nantes, ne posséda un pareil nombn.' de métiers que sou» l'Empire, Je 1804 à 1812. — Rapport d'Arlès-Du-

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