ROLE DE LA NOBLESSE
de Westphalie, elle avait été accueillie avec transport comme nouvelle épouse du gouverneur.
Des défections cependant se manifestent dès les premiers jours : le duc de Lorraine, par exemple, montre une grande joie de cette arrestation dans la lettre qu'il écrit à madame de Chevreuse, son intermédiaire avec la cour: « Jamais nouvelle ne put être plus agréable... cette arrestation va apporter une suite de bien et de repos h tout le monde. » Cette joie, il est vrai, n'était pas tout à fait désintéressée L Charles espôrait, à la faveur de cet emprisonnement, reprendre plus facilement les villes données à Condé et peut-être même ses anciens États, s'il avait occasion de rendre des services signalés à la reine et à son ministre. Les Richelieu , à cause desquels les princes avaient été arrêtés, ne se montrèrent pas fidèles. La cour, comprenant l'impnrlance de la position du Havre, avait envoyé immédiatement le marquis de Thermes, ancien ami de la maison de Richelieu, qui sut faire comprendre au jeune duc qu'il n'était qu'un instrument dans la main d'un prince ambitieux et turbulent, duquel son intérêt et son devoir devaient l'éloigner. En introduisant Condé dans la place, de gouverneur il devenait lieutenant; fidèle, au contraire, il rentrait en giâce avec sa tante, faisait reconnaître son mariage par le roi et obtenait pour la veuve de Pons le rang et les honneurs de duchesse*. Aussi, lorsque madame de Longiieville, chassée de Rouen, se présente en suppliante au Havre, trouve-t-elle les portes fermées, sous prétexte
1. Voir au sujet de toute cette curieuse affaire une correspondance inédite que nous avons trouvée aux Arciiives impériales, KK, 1083, f" 173 à 183. Nous regrettons de ne pouvoir la donner ici à cause de son étendue.