‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 121 sur 420 · EXPÉDITION EN BOURGOGNE · texte numérisé non relu

EXPÉDITION EN BOURGOGNE

le lils de Brousse! fut confirmé clans son gouvernement delà Bastille; le duc de Beaufort et le Coadjuteur furent déclarés innocents dans l'affaire du coup de fusil contre le carrosse de Condé. On confia la place de prévôt des marchands au conseiller Le Fèvre, et la surintendance dos finances au président de Maisons; Ghâteauneuf remplaça le chancelier Séguier, et dix-huit bourgeois choisis par le Parlement furent chargés de la surveillance des fonds pour les rentes de l'hôtel de ville.

Tranquille au sujet de Paris, la cour, en laissant le gouvernement au duc d'Orléans, lieutenant général du royaume, partit pour la Bourgogne, où l'arrestation des princes avait été un coup de foudre, et oîi tout le monde était dans l'altente des événements. Si l'évoque de Châlon rassurait Mazarin en lui garantissant la fidélité de la province-, à l'exception de Seurre ; si l'énergique avocat général Millolet était attaché à son devoir et prêt à tout souffrir plutôt que de faiblir un seul instant, d'un autre côté le premier président Bouchu « créature du prince par les bienfaits qu'il en avait reçus, ayant été élevé par ses bontés d'une condition médiocre à une place si auguste, » et l'intendant 3Iachaut avaient fait armer et approvisionner le château de Dijon pour foudroyer la ville, qui semblait hostile au prince. L'armée surtout s'était montrée sensible au malheur du vainqueur de Rocroy : à Beaune, dans un banquet, les officiers du régiment du marquis de Persan mêlèrent leur sang au vin, et jurèrent, en trempant dans le breuvage la pointe de leurs épées,de mourir pour défendre leur général. Au château de Dijon, un des commandants, Comeau, refusait de recevoir une garnison autre que celle que lui avait confiée le prince; Saint-Micault se jetait dans Seurre avec les garnisons de

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