‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 158 sur 420 · CONGRÉGATION · texte numérisé non relu

CONGRÉGATION

la campagne, celles des forçats, dont Emmanuel de Gondy se trouvait chargé par son titre. Après les avoir visités à Paris, dans leurs basses-fosses infectes et humides, les avoir vu croupissant dans la vermine, Vincent, par dévouement de conscience pour les Gondy, peut-être autant que par charité, n'eut pas de repos qu'il n'eût amélioré leur malheureuse position. Ses efforts furent couronnés d'un tel succès, le changement qui s'opéra au physique et au moral chez tous ces misérables, transportés dans une maison de la rue Saint-Honoré, fut si grand que bientôt Louis XIII, à la sollicitation du général des galères, nomma leur bienfaiteur aumônier-général des galères de France (février 161U). Cette élévation imposait au consciencieux prêtre l'obligation de visiter les galères; aussi, dès 1622, il se rendit à Marseille. C'est à ce voyage que se rattache le fait si souvent cité des « fers honorables, sacrés trophées de la charité, » dont le "saint se revêtit à la place d'un galérien qui lui parut plus malheureux que coupable*. En 1623, on retrouve Vincent à Bordeaux, où les galères s'étaient transportées pour une guerre contre les protestants, et continuant toujours la tâche d'arracher les malheureux à « l'enfer anticipé, » dit justement M. H. Martin, que le dur régime pénal du moyen-âge avait établi pour eux.

En 1624, de retour de ses visites aux galères, Vincent eut à s'occuper d'une autre OEuvre dont il avait jeté les germes sept ans auparavant, sans se douter de l'importance qu'elle devait acquérir. Nous voulons parler de

1. Ce fait a été mis en doute par M. de Boulogne, évêque de Troyes; du reste le procès de canonisation le rapporte seulement comme une tradition. « On raconte que Vincent dePaul, etc. » Voir cette Légende Abelli, t. II, p. 294; Collet, l'abbé Maynard.

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