DES MISSIONNAIRES
l'Œuvre des Missions : déjà, depuis 1617, des prôtres s'çxerçaient à ce ministère, trop délaissé alors, de l'instruction religieuse « du pauvre peuple des champs.» Mais rien de durable n'avait été fait: cette année, madame de Gondy, que le désir d'établir cette Œuvre poursuivait, parvint à faire donner par l'archevêque de Paris, son beau-frère, le collège des Bons-Enfants (près la porte Saint-Victor), comme demeure de la future congrégation ; elle-même, par contrat, accordait une .>^omme de 45,000 fr., dont les revenus devaient servir à l'entretien des missionnaires. Ce fut le dernier acte de cette pieuse femme, qui mourait en juin 1625. Environ un an après, son mari entrait lui-même dans la congrégation de l'Oratoire.
Vincent de Paul, libre de ses liens avec cette famille, se livra tout entier à sa Compagnie naissante. La plupart des premiers membres de la congrégation appartiennent à la Picardie, où se trouvaient surtout les terres de la famille de Gondy. On peut lire aux Archives, dans le Catalogue des prêtres et des frères de la Mission (M. M. L19), les noms des obscurs héros de la charité que Vincent sut rassembler autour de lui pour l'œuvre à laquelle il était réservé. Du collège des Bons-Enfants, la congrégation passa, en 1632, au prieuré de Saint-Lazare (faubourg Saint-Denis, 117), où elle prit son complet développement, et, grâce à ce séjour, fut connue sous le nom de Lazaristes autant que sous celui de Congrégation de la Mission.
Avec ses missionnaires et d'anciens élèves de l'Oratoire comme lui, les Bourdoise, les Olier, les Eudes, Vincent s'occupa aussi de la réforme ecclésiastique et des moyens de préparer aux populations de dignes pasteurs, au lieu de ces curés « ignorants ou débauchés » qu'on rencon-