FONDE LES FILLES DE LA CHARITÉ
mère aux pauvres, dont Vincent était depuis longtemps le père : alliance féconde qui produisit la grande famille des Filles ou Sœurs de la Chanté. Louise de Mari I lac, veuve d'Antoine Legras, ancien secrétaire des commandements de Marie de 3Iédicis, était nièce des deux Marillac, si connus sous le règne de Louis XIIL Pendant son mariage même, tout le temps que lui laissaient les devoirs de famille était consacré au service des pauvres et des malades, chez eux ou dans les hôpitaux. Devenue libre par la mort de son mari (1623), elle voulut employer désormais sa vie et sa fortune en bonnes œuvres, et quitta la paroisse de Saint-Sauveur pour venir s'établir près du collège des Bons-Enfants, où était son directeur Vincent ; déjà même elle avait associé à sa mission charitable plusieurs dames du monde. Ce fut en 1629 que Vincent de Paul commença à utiliser le zèle organisateur et la bienfaisance de mademoiselle Legras pour la visite des confréries de charité qui, peu à peu, se multiplièrent. Bientôt, des campagnes et des petites villes, elles se répandirent dans les grandes villes et, à côté des humbles bourgeoises, enrôlèrent beaucoup de grandes dames. Ces dames, ne pouvant remplir par elles-mêmes tous les devoirs de la charité, s'adjoignij'ent un certain nombre de filles pieuses, mais pauvres, qui devaient les remplacer dans les rudes travaux de la bienfaisance. C'est là l'origine de la double association des Dames de Charité et des Servantes des Pauvres, connues sous le nom de Filles ou Sœurs de la Cbarité, réunies en congrégation sous le patronage de mademoiselle Legras (2o mars 1634).
Tous les genres de misère touchaient également Vincent de Paul et mademoiselle Legras. Un jour, en 1638, ayant rencontré un mendiant qui déformait les membres