DANS L'ASSISTANCE PUBLIQUE
Le manuscrit inrdit de Dubuisson Aubenay achève d'éclairer le dùbat. et donne la priorité à de Bernières :
« 2 novembre 1650. Jour des Trépassés. — Grandes aumônes se font h Paris pour les pauvres gens de Champagne ruinés par l'armée de l'archiduc. Les dames de Lamoignon et de Herse, présidentes et autres et les sieurs de Bernières, Lenain, etc., y opèrent journellement. »
A la date du 2 novembre 1650, la part que prend Vincent de Paul à ce grand œuvre du salut de la France n'a donc aucune notoriété; il n'est question que de M. de Bernières, c'est-à-dire de l'œuvre janséniste et parlementaire ; mais c'est la dernière mention que nous ayons rencontrée : bientôt la petite Église sera abandonnée même de ses amis. Une lettre de la mère Angélique (16 mai 1652, t. II, p. 163) à mademoiselle Lamoignon, et une autre de Vincent de Paul (22 mai 1652), nous apprennent que la reine de Pologne, cette tille spirituelle de Port-Royal, après avoir envoyé 12,000 francs à la mère Angélique pour les pauvres des provinces, lui enjoint de s'entendre avec M. Vincent pour l'emploi de cette somme et sa répartition entre les malheureux. Quelques années plus tard, dans un épanchement avec M. Arnauld, la mère Angélique (12 mars I660) se plaint des calomnies (|ui s'attaquent à eux : le P. d'Anjou, jésuite, avait dit, en prêchant dans l'église de Saint-Benoît^, « qu'il savait que les aumônes publi(iues qu'on avait recueillies pour les pauvres de Champagne et de Picardie avaient été employées à entretenir des gens qui dogmatisaient contre l'Église, » désignant ainsi les religieuses et les solitaires de Port- Royal. C'était la première récompense de tout ce dévouement. Six années plus tard, son attachement pour Port-Royal amenait la disgrâce de l'homme dont la généreuse initiative avait peut-être sauvé d'une ruine com-