‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 197 sur 420 · F)U BOURBONNAIS · texte numérisé non relu

F)U BOURBONNAIS

trouve naïvement racontée dans les Registres paroissiaux du Donjon.

«Le ]er février 1650, il passa par le Donjon environ 2,000 cavaliers que l'on dit i^tre l'une des armées de M. le prince, qui avaient passé à Vichy et sont allés vers Bellegarde , conduits par M. de Coligny. M. le gouverneur et M. de La Ferté ont fait battre le tocsin partout pour empêcher les autres... Les habitants du Donjon et des paroisses depuis Vicliy jusques à Digoin ont été commandés à prendre les armes et à se défendre et empêcher que les gens de guerre de M. le prince qui venaient par l'Auvergne ne puissent passer par le Bourbonnais pour aller à Bellegarde. Suivant ce commandement, les habitants ont fait de fortes barricades, se sont bien armés, faits do bons corps de garde et veillé jour et nuit, tellement que nos ennemis s'en sont retournés, et peu de temps après les habitants, fi-acti beUo fatis que repulsi, ont abattu leurs barrières, quitté leurs corps de garde et retourné leurs armes au râtelier trop tôt, car le 16 mars 1650 sont arrivés au Donjon trois compagnies de cavalerie, qu'il faut nommer tyrans cruels et diables, lesquelles ont demeuré sept jours au Donjon et y ont fait les plus grandes extorsions, rançons et excès que personne ait connu ni ouï dire. On dit que c'est M. le gouverneur et M. de Gaumin, intendant à Moulins, qui nous ont envoyé ce déluge, afin de contraindre le pauvre peuple de payer toutes les tailles encourues depuis 16/17, 1648, 16i9. »

Un arrêté du Conseil du 16 août 1650 nous montre l'Auvergne pleine d'agitations : de tous côtés des assemblées illicites où on enrôle secrètement des soldats ; pour réprimer ces mauvaises dispositions, la cour permet au comte de Noailles, lieutenant général en la province, de lever un régiment de cavalerie et un d'infanterie, qui, comme toujours, vivront aux dépens du pays, et pour la levée desquels la province doit fournir une somme de 40,000 livres '.

Si nous nous rapprochons de la Guienne et de la Provence, ces deux théâtres d'une guerre acharnée et sans

1. Registre du conseil d'État E1696, f» 98. — Ms., Arch. imp.

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