IV PRÉFACE
dernières années du règne de Louis XIV, ou à l'époque du pacte de famine ; si nous parvenions à établir que cette époque de la Fronde, dont il n'a jamais été question au point de vue du paupérisme, dépasse tout ce qu'on sait généralement des périodes reconnues de tous les plus malheureuses, notre thèse nous semblerait prouvée à fortiori^ sans que nous ayons besoin de parcourir les huit siècles de la monarchie capétienne.
Un autre motif, encore plus puissant, confirmait ce choix : nous avions heureusement à montrer, pour adoucir l'horreur de notre tableau, le dévouement d'un de ces hommes généreux tels que l'humanité en présente rarement, à faire connaître le rôle civique de saint Vincent de Paul, se faisant, à la vue de l'impuissance complète de la royauté, le directeur de l'assistance publique, l'aumônier de la France, et méritant le titre de Père de la patrie que lui décerne la reconnaissance des villes secourues par son zèle ardent. Si nous étions contraint, par respect pour la vérité, de toucher à la réputation consacrée de héros tels que Condé, nous avions la consolation de pouvoir ajouter quelques rayons à la gloire patriotique de deux personnages qui ne tiennent pas peut-être, dans l'histoire, le rang qu'ils méritent : Vincent de Paul et Fabert.
Nous avions encore une autre heureuse fortune : même après le sagace et pénétrant M. Sainte-Beuve, nous croyons pouvoir ajouter quelques traits à l'étude