PRÉFACE. V
qu'il nous a donnée d'une école intéressante dans notre tradition nationale, l'école janséniste.
Notre choix fixé, restait à déterminer la forme du travail : l'histoire écrite peut être envisagée à deux points de vue, ou comme art, ou comme science. Nous ne nous dissimulions pas qu'il a été donné à peu d'élus d'atteindre ce double but. Mais nous eût-il été donné de prendre place à côté d'artistes en style que tout le monde nomme, peut-être aurions-nous encore hésité à imiter leur forme de récit suivi, mêlant le document à la composition de l'historien : nous aurions craint que notre indignation d'homme et de citoyen n'eût percé trop souvent dans notre récit, et que notre travail n'en eût gardé l'apparence d'un pamphlet, au heu de demeurer un livre im.partial s'adressant non à la passion, mais à la conscience. Pour avancer ou pour amener l'heure de la justice dans l'histoire, l'historien, à notre avis, ne doit apporter qu'un contingent de certitudes, des preuves et non plus des phrases, s'effacer et laisser la parole aux contemporains et aux faits.
Nous nous sommes donc renfermé dans la tâche qu'indique notre épigraphe : recueillir et présenter des documents authentiques, officiels et impartiaux, les expliquer, les rapprocher les uns des autres, les mettre en lumière. De là des redites, des longueurs d'autant plus fréquentes que, voulant prouver que la Fronde de Paris n'avait pas eu son contre-coup seulement à