CORRESPONDANCE DES DAMES
dames de qualité, munies de broches, de liaclies, de ce que la colère ou le hasard leur avait fourni ; une espèce dedemilune, ou plutôt une élévation de terre de six pieds, sur laquelle on avait construit un parapet garni de barriques, résista douze jours! Après avoir perdu plus des deux tiers de son armée, composée de 6,000 hommes, Mazarin, sentant l'inulililé de ses efforts, conclut avec la ville une trêve de dix-huit jours pour laisser le temps des négociations; Bordeaux, de son côté, était épuisé, et d'ailleurs arrivait l'époque des vendanges, temps auquel, comme l'a remarqué Lenet, Bordeaux cesse d'être la capitale de la Gascogne pour devenir le premier entrepôt de vin. Aussi on parvint à s'entendre ; au bout de l'armistice, la trêve fut renouvelée, et les dames du Parlement tie Bordeaux l'employèrent à écrire aux dames du Parlement de Paris une lettre oii brille tout le feu d'une imagination gasconne et une sorte de galimatias sentimental. C'est la comédie après la tragédie : on trouve, à chaque ligne, le ton fanfaron de femmes qui ont pris part à une entreprise en dehors de leur vie habituelle, et qui veulent justifier ce litre dHllustres amazones que leur donne la ^réponse des dames de Paris; « c'est avec les plumes de leurs casques qu'elles écrivent, et c'eût été avec le sang des ennemis, que les yeux des dames de Paris, remplisdedouceur cependant, n'eussent pas été blessés de cette peinture. » Puis abondent les traits de l'ironie la plus Une et du sarcasme le plus mordant sur les exploits de l'armée du Mazarin ; un vif enthousiasme règne dans la peinture des combats qui ont toujours montré les Bordelais « assiégeans victorieux ou assiégés invincibles; » elles terminent en faisant allusion à l'antique usage des Gaulois de remettre aux femmes la décision des jugements difficiles, et en souhaitant voir