‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 201 sur 420 · DE PARIS ET DE BORDEAUX · texte numérisé non relu

DE PARIS ET DE BORDEAUX

les dunes du Parlement de Paris « prononcer les oi-acles de la justice. »

Pendant l'échange de ces folies, l'intérêt avait des deux côtés préparé les esprits à la paix ; la princesse de Gondé était dégoûtée de son contact forcé avec la populace qui, pour témoigner de son adhésion, hurlait des triolets obscènes contre Mazarin et madame Anne aux oreilles de la princesse, et la contraignait de les répéter en chœur avec i-on lîls; aussi consentit-elle facilement à la paix sur des promesses évasives du ministre *. On accorda à Bordeaux amnistie complète, et à la princesse et aux ducs l;i permission de se retirer dans leurs domaines (o octobre 1650). La révocation du gouverneur fut promise, mais non stipulée; d'Epinay-Saint-Luc remplissait l'intérim comme lieutenant-général. ; es adieux de la princesse et du Parlement furent touchants; Bordeaux paya les dettes de la princesse, et lui remit les pierreries qu'elle avait déposées en gage pour la sûreté d'un prêt de 150,000 livres. Le lendemain de ce départ, le roi entra solennellement avec toute la cour dans Bordeaux, et le Parlementai adressa une harangue ainsi qu'à la reine, au duc d'Anjou et à Mademoiselle. 3Iazarin seul ne put rien

1. La Correspondance inédite de Colbert, que M. P. Clément doit publier sous le# auspices du ministre des finances, et dont deux études, publiées dans la Revue européenne (15 avril et 15 mai 1861), font juger l'importance, prouve encore une fois que la cour ne faisait la paix que parce qu'elle était contrainte et avec l'arrière-pensée de reprendre un jour ce qu'elle concédait : « Mazaiin,dit Colbert, ne sait comment aborder la reine pour lui annoncer cette nouvelle qui, assurément, lui donnera la fièvre; quant à lui, Mazarin. elle lui a été plus sensible que si on lui avait dit que son père avait été condamné à èlre pendu, on qu'on l'eût condamné lui-même. » Trois jours après, Mazarin dit que la reine a pleuré en apprenant « cette ruine de la monarcliie. » On comprend combien peu devaient durer des trêves ou des paix faites dans de pareilles conditions.

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