‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 210 sur 420 · RIVALITÉ DU DUC D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

RIVALITÉ DU DUC D'ORLÉANS

Parlement de Paris dans ses décrets d'anathème contre Mazarin (8 mars 1651). Sur ces enlrefaites eut lieu l'échange des gouvernements; avant de partir, Condé avait triplé les forces de ses amis par les troupes qu'il avait fait venir. Ceux-ci, comme le remarque Millotet dans ses Mémoires, devaient devenir les amis du nouveau gouverneur, et Condé devait accepler à son tour ceux que ce dernier avait laissés en Guienne.

Parlout les princes avaient rencontré la même joie, qui partout prenait sa source dans l'espérance de la paix. Il semblait que personne n'eût plus rien à demander; mais ce calme apparent allait décliaîner des tempêtes furieuses: la guerre n'avait jamais été plus imminente. Après la victoire, toutes les prétentions rivales se dressent; ceux qui étaient alliés pour la lutte redeviennent des ennemis pour le partage du pouvoir. Qui gouvernera la France? Pour la reine, un autre ministre que Mazarin ne pouvait que déplaire, et toute sa conduite devait tendre à le ramener. On s'en aperçut bientôt : le texte de l'édil que le Parlement avait demandé contre Mazarin ranima l'indignation; la rédaction indiquait visiblement les regrets d'Anne, et l'espoir qu'elle conservait. Le Parlement demanda qu'on ajoutcât un article pour exclure formellement des conseils du roi les cardinaux, comme prêtant serment à un prince étranger; de là, une enquête « contre cette injure faite à l'Eglise » de la part du clergé encore réuni. Ce coup frappant indirectement le Coadjuteur dans ses espérances, il sut faire prononcer contre ce projet le duc d'Orléans, qu'il menait à sa fantaisie; le Pailement insista, mais la reine traîna l'affaire en longueur, espérant arriver à ses tins en jetant des brandons de discorde entre ses ennemis.

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