DES DEUX FRONDES
faire renouveler une nouvelle déclaration contre le car tlinal Mazarin (5 septembre).
Deux jours après, le roi avait treize ans et un jour, et, par l'ordonnance de Charles V, devenait majeur et capable de gouverner; le Parlement, « garni de pairs, » était au grand complet, sauf le prince de Condé qui, dans une lettre, motivait son absence sur les calomnies de ses ennemis. L'enregislrement de sa justification, dans cette séance, ôtait tout prétexte à cet acte d'insubordination. Mais le moindre mécontentement, un changement dans le ministère suffisait à Condé. La reine, en effet, avait rappelé à la tète du conseil Gliâteauneiif, rendu la surintendance à La Neuville qui, en échange, avait envoyé à Mazarin dans la détresse, une grosse somme d'argent; enfin Mole, qui conservait en même temps la présidence du Parlement, avait repris les sceaux.
Ce changement de ministère ôtait à Condé toute espérance d'imposer lesconditions d'une réconciliation; aussi, dans un conseil tenu à Chantilly avec ses principaux alliés, Conli et les ducs de Nemours et de La Rochefoucauld, il consentit à partir pour le Berri. L'historien impartial qui examine la conduite du prince de Condé dresse forcément contre lui un acte d'accusation : sous peine de mentir à sa conscience et à la vérité, il doit déclarer que Condé s'engageait dans la guerre civile, faisait tous ses efforts pour y entraîner la France, seulement parce qu'il ne pouvait supporter une autorité au-dessus de la sienne; il voulait être le premier du royaume, disposer à son gré pour ses amis et ses créatures des honneurs, des dignités, des places fortes, des gouvernements. A ces conditions, il eût consenti à laisser Mazarin, Orléans, de Relz ou tout autre, gouverner ce pays, pour l'admi-