‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 218 sur 420 · EFFORTS IMPUISSANTS · texte numérisé non relu

EFFORTS IMPUISSANTS

nistration duquel il ne se sentait ni la moindre inclination ni la moindre capacité. (Octobre 1G51.)

Avant de nous engager dans cette nouvelle guerre civile, sondons encore une fois l'abîme de misères où chaque pas nous fait descendre plus profondément. Si on s'en souvient, l'enquête de 1650 était terrible : partout le dénûment le plus complet, la maladie, la faim, la misère, en un mot, sous ses plus hideux aspects; le seul secours est celui qu'apportent, dans ces lieux désolés, les soins, les aumônes des Pères de la Mission. L'ordonnance royale que nous avons citée plus haut en reconnaissant Vincent de Paul pour le chef de cette assistance publicjue, est, nous l'avons remarqué, plutôt un aveu de la faiblesse et de l'impuissance royale qu'une organisation régulière ; pas plus après qu'avant l'ordonnance, les pauvres missionnaires n'eurent pouvoir de secourir tranquillement ces provinces. Aussi tous leurs efforts ne purent aboutir qu'à adoucir les souffrances, à préserver de la mort un petit nombre de ces malheureux ; l'activité charitable qui se fait remarquer dans la correspondance du fondateur de la mission, les récits déchirants des Relations, tout en prouvant le zèle, montrent en même temps combien cet admirable dévouement produisait peu, en présence d'un mal qu'il n'était donné à aucune force humaine de pouvoir arrêter; leur mérite, c'est d'avoir espéré contre toute espérance.

Le 8 mars, Vincent écrivait à M. Coglée, un de ses prêtres alors cà Sedan : « Je ne croyais pas tarder si longtemps à vous envoyer le prêtre dont vous avez besoin ; la cause de ce retardement est la désolation de ces frontières de Picardie et de Champagne où nous avons seize ou dixhuit personnes qui travaillent au soulagement des peu-

Page 1