DES MISSIONNAIRES DE VINCENT DE PAUL
pies, et particulièrement le prêtre que nous vous avions destiné, cl il faudra les y laisser jusqu'à ce que la saison
adoucie modère les misères de ce pays-là Tâchez de
vous l'aire, par ces raisons, dispenser du synode; priez le grand vicaire de Reims d'avoir pour agréable que vous continuiez vos assistances à la paroisse, à cause du surcroît de peuples et de malades réfugiés, qui font qu'à peine le petit nombre de prêtres que vous êtes peut suffire. »
Malgré le feu de charité qui leur faisait faire des prodiges, se multiplier à l'infini, que pouvaient faire ces seize ou dix-huit hommes contre des maux infinis aussi et sans cesse renaissants? Dans les villes et les villages, toujours même misère, des troupes royalistes ou frondeuses, aussi redoutées les unes que les autres; à Marie, nous les voyons se chauffer avec les maisons des faubourgs qu'ils démolissent.
<( De sorte que des 250 maisons qui existaient à leur arrivée, il y en eut plus de 100 entièrement démolies et ruinées, avec 100 auxquelles il y est demeuré fort peu de chose, et le reste plus de moitié gâté, outre quoi il y a eu aux faubourgs plus de 200 corps de bâtiments, soit granges, étables et autres , qui ont été démolis entièrement, soit pour faire les huttes du camp, soit pour brûler, ce qui a fait qu'ils ont été obligés de mettre quantité de chevaux dans les églises Saint-Martin et Saint-Nicolas, et jusqu'au coin des autels. Il y a eu aussi 20 maisons dans l'enclos de la ville qui ont été démolies et ruinées, de sorte que la perte totale se monte à plus de 150,000 livres. » Après la destruction venait le pillage, organisé en bandes « d'environ 1,500 hommes de guerre, tant de pied que de cheval, qui étaient le plus souvent conduitspar les officiers, les tam'oours battant..., au moyen de quoi il ne s'est fait aucun labourage à cinq ou six lieues des environs de Marie. En outre, les principaux officiers ont exigé grandes sommes des habitants pour se rédimer du pillage; » puis les visites domiciliaires, sous prétexte de se procurer du blé dont « ils prenaient le peu qui restait ou l'achetaient à presque moitié, à perte de la juste valeur, et volaient publiquement aux marchands, bière, viande, fromage, œufs, beurre, fruits