ET DU PARLEMENT DE BORDEAUX
étaient adressées au roi sur les circonstances présontes. .. Klles présentent d'une manière sensible l'enchaîneTrcj»! des causes qui amenèrent le malheur de Bordeaux :
« Sire, une ville malheureuse, qui depuis longtemps ne peut trouver ni le repos, ni le bonheur de plaire à V. M., verse aujourd'hui sur ce papier ses nouvelles douleurs... L'injuste accusation que les ministres de M. le cardinal font à M. le prince est devenue un prétexte d'accusation contre nous; une retraite qu'on l'a forcii de faire dans la capitale de son gouvernement, est la cause d'une nouvelle guerre; elle fait notre crime, et par un effet de la plus étrange infortune, celui que V. M. nous a donné pour gouverner à la place d'un de nos persécuteurs, va ôtre poursuivi, à main armée, jusque dans nos murailles... C'est ainsi que la protection qu'il nous doit par la place qu'il occupe va devenir un de nos malheurs, et que ce qui devait nous rendre heureux va achever de nous rendre misérables... Qu'avons-nous donc fait depuis le départ de V. M. pour nous attirer les nouveaux malheurs qui ne cessent de nous affliger?... » Quant à la conduite de Bordeaux, elle était toute naturelle : « Le prince est veriu dans Bordeaux sans suite et sans armes, comment pouvait-on croire qu'il eût des projets de guerre ? Le Parlement implorait la clémence des rois, qui force le coupable de rentrer en lui-même, tandis que leur passion ne produit d'autre effet que de précipiter les peuples dans le désespoir; » enfin, terminant d'une manière touchante par l'état misérable dans lequel Bordeaux se trouvait, il protestait qu'il se présentait avec le plus profond respect dont de véritables sujets peuvent être capables. 27 octobre 1651. »
Malgré ses protestations, le ParlemeTit se mettait en réalité à la disposition de son gouverneur, dont la popularité s'accrut encore par un de ces hasards si importants en des temps de révolution populaire : un faiseur d'anagrammes avait trouvé que son nom « Louis de Bourbon » donnait « bon Bourdelois; » bientôt quelques-uns allèrent jusqu'à lui conseiller de prendre le titre de duc de Guienne. Malheureusement pour Gondé, tout ne réussit pas aussi bien, son grand plan de rabattre de la Garonne sur la Loire et la Seine, pendant que les Espagnols des-