‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 238 sur 420 · LA COUR A POITIERS · texte numérisé non relu

LA COUR A POITIERS

euL bientôt dispersé les derniers vestiges de ces murs épais, si longtemps l'abri de ses tyrans.

Restait une autre place importante, celle de Monirond Saint-Amand; on chargea Philippe de Clérambault, comte de Palluau, d'en faire le siège. Ce fut encore une occasion de courses pour les soldats dans tout le pays : à la famine qui régnait déjà vinrent s'ajouter les brigandages de la giierre; de Palluau fut obligé de sépaier ses troupes et de les disséminer en divers lieux pour les faire vivre, comme l'indique une de ses lettres *. Alors recommencèrent ces exès que nous avons déjà vus tant de fois, et qui furent si graves qu'ils amenèrent celte fois des représailles de la part des paysans.

Enhardie par ces premiers succès, la cour envoya au Pai'Iement de Paris des lettres-patentes qui déclaraient coupables de haute trahison les princes et leurs partisans s'ils n'avaient pas fait leur soumission avant un mois (8 octobre). Puis, la cour se dirigea sur Poitiers, où elle s'établit au commencement de novembre, pendant que le comte d'Harcourt s'avançait vers la Charente, avec quelques milliers de soldais, qu'on avait demandés à l'armée du Nord. Là, en effet, était le véritable danger : il fallait empêcher Condé de faire des progrès vers le Centre et d'élendre son théâtre d'action, resserré encore dans le Sud-Ouest. Déjà les La Trémoille et les La Force avaient entraîné une grande parde du Périgord, de l'Angoumois et de la Saintonge ; le comte du Doignon s'était pareillement prononcé pour Condé; l'Espagne pronieltait à Lenet des secours considérables d'argent et d'hommes qu'on devait envoyer en Guionne, en Provence et en Chani-

1. 4 février 1052. Bussy-Rabutin, t. 1, p. 222; Raynal, Hist.du Béni.

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