‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 239 sur 420 · SITUATION DES DEUX PARTIS · texte numérisé non relu

SITUATION DES DEUX PARTIS

pagne; el Condé avait livré le château el le liavre de Talmont comme garantie en échange d'un premier envoi. Marsin, quittant la Catalogne avec ses meilleurs soldats, était venu rejoindre le prince en Guienne; en Anjou, le duc de Rohan, mécontent de ce que la cour, pour présidei- les Élats de Bretagne, lui eût préféré Vendôme, dont le fils venait d'épouser une nièce de Mazarin, était disposé à s'engager dans le parti de Condé, et préparait peu à peu les esprits à la guerre civile; le voisinage du roi pouvait seul arrêter ses entreprises.

L'activité de la cour parvint à rétablir l'équilibre: en Périgord, le fds aîné de La Force, gagné par le bâton de maréchal de France, rentra dans le parti royaliste et négocia le mariage de sa iille avec Turenne ; le baron d'Estissac, de la maison de La Rochefoucauld, avec mille gentilshommes de l'Angoumois se rendit à Poitiers auprès du roi. Harcourt fit lever le siège de Cognac que les frondeurs, déjà maîtres de Saintes et de Taillebourg, voulaient également piendre; la Rochelle et l'île de Ré rentraient aussi dans le devoir ; Condé lui-même, après avoir de Tonnay-Charente organisé ia défense de cette rivière, en laissant des garnisons à Saintes et à Taillebourg, avait été contrai ut de se replier sur la Gironde et la Dordogne.

Les ruines de Saintes peuvent montrer ce qu'on appelait mettre une ville en défense : Chambon, que Condé avait fait gouverneur de la place, afin de rendre l'attaque plus difiîcile, mit le feu aux. faubourgs. Dans ce désastre, les deux monastères des Bénédictines et des sœurs de Sainte-Claire servirent d'asile d toute la population, protégés eux-mêmes par une sauve -garde de Condé. Chambon, afin de les épargner, avait eu soin d'isoler leurs bâtiments avant de mettre le feu aux faubourgs. La pro-

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