U RUINE DE L'AUNIS
vince fut aussi éprouvée que sa capitale : les impôts de toute nature, les garnisons et le passage des gens de guerre ruinèrent tellement ce petit pays, que dans plusieurs localités les habitanis furent forcés de déserter leurs foyers, et d'aller chercher ailleurs une exislence moins malheureuse. Les petites villes de Tonnay-Boutonne et de Taillebourg, entre autres, tombèrent dans un état d'épuisement et, de solitude dont elles ne se sont jamais relevées *. Ces barbares exécutions hâtèrent la soumission de toutes les villes au sud de la Charente, dès que d'Harcourt se présenta devant elles.
Pressé de tous côtés, Condé reculait toujours; après avoir fortifié Libourne, Bergerac, après avoir réduit Périgueux, se sentant trop faible, il voulut resserrer plus étroitement ces liens avec l'Espagne, son suprême espoir, et pour la gagner lui livra Bourg, c'est-à-dire les portes de Bordeaux. La trahison était flagrante -, aussi tout ce qui, dans la ville, a quelque sentiment d'honnêteté et de patriotisme, s'indigne de ce voisinage de l'étranger, le mécontentement éclate ; mais le parti des princes, plus fort, chasse de la ville le premier président et tous les conseillej-s royalistes, et domine par la force et la violence. La conduite de Condé détermina le roi à lancer une déclaration de lèse-majesté (8 octobre). On allait procéder à l'enregistrement de cet acte, lorsque le duc d'Orléans signale à l'assemblée un danger plus pressant : il savait que « le cardinal avait obtenu un passe-port pour revenir à Paris ; qu'il allait y rentrer au premier
1. Ms. inédit du monastère de Sainte -Claire de Saintes, fo 60. Description manuscrite de quehjues lieux de Suinioivjes, par l'ingénieur Massé; art. Tonnay-B'outonne et Taillebourg ; Histoire de Sai7itoiioe, par Massiou.