‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 241 sur 420 · DE LA SAINTONGE ET DE L'ANGOUMOIS · texte numérisé non relu

DE LA SAINTONGE ET DE L'ANGOUMOIS

jour; que les gouverneurs des frontières étaient venus le trouvei' à Dinant. » Le premier président, de son côté, docile aux ordres de la cour, demande l'enregistrement de la déclaration, et prononce à ce sujet des paroles que l'histoire doit recueillir, comme la véridique sentence de condamnation de toute cette haute noblesse princière : « Il e.=t triste de voir MM. les princes du sang donner lieu à de telles déclarations; mais ce malheur n'est que trop commun et habituel dans ce royaume. Cela est arrivé si souvent depuis cinq ou six siècles, qu'on peut dire qu'ils ont été les fléaux du peuple et les ennemis de la monarchie; » et cent vingt voix contre quarante venaient s'associer à cette flétrissure, en votant l'enregistrement contre Gondé.

Ce langage devait déplante au duc d'Orléans; aussi, soit pour se venger de Mole, soit pour effrayer le Parlement dans la personne de son chef, il soudoya le lendemain une petite écbauffourée. Une quarantaine d'individus se rendirent au Luxembourg, criant contre les impôts et demandant la paix. Le duc d'Orléans leur dit qu'il ne se mêlait plus des affaires; que c'était au premier président garde des sceaux qu'il fallait s'adresser. Les émeutiers se dirigèrent vers l'hôtel de l'intrépide magistrat; sans accepter le secours que lui offrait le maréchal de Schomberg, en ce moment chez lui, la grande barbe fait ouvrir la porte à deux battants, et l'aspect de Mole, les menaçant avec le plus grand calme de les faire pendre, suffit pour mettre en fuite ces misérables.

Si le Parlement se montrait depuis quelque temps plus respectueux et plus docile aux ordres du roi, il n'avait pourtant pas abjuré ses longs ressentiments contre le cardinal; il faudrait pouvoir copier ici le journal de Du-

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