‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 242 sur 420 · FUREUR DU PARLEMENT · texte numérisé non relu

FUREUR DU PARLEMENT

buisson-Aubenay pour se faire une idée de la fureur, de l'inquiétude des cours souveraines et du peuple à propos de la marche de Mazarin : on répand les bruits les plus absurdes, qui sont démentis le lendemain, pour faire place à d'autres aussi peu dignes de foi. Chacun des pas de l'ancien ministre est enregistré et commenté : « Il est entré dans telle ville; Châlons, par les soins de Jacques Talon, lui a fourni 2, (.00 rations de pain pour son infanterie ; il a en outre 1,S00 chevaux... De prétendues lettres de JVlazarin courent chaque jour les salons et les rues... On veut s'en prendre à tout le monde; on songe h saisir comme otages de la conduite du maréchal d'Horquincourt, chef de l'armée de Mazarin, l'abbé et les autres fils du maréchal, étudiants au collège de Navarre; mais leurs oncles les en ont retirés et mis en sûreté... Un instant aussi la comtes e d'Harcourt, dont le mari commande l'armée du roi en Poitou, est arrêtée et conduite prisonnière à l'hôtel de ville; mais, sur les représentation du maréchal de l'Hôpital, gouverneur de Paris, Beaufort la délivre. Craignant qu'on ne revînt sur cette décision, la comtesse s'enfuit de son hôtel et va chercher un asile auprès de Senlis, chez un de ses fils... Une espèce d'émeute d'indignation éclate à la dépêche du gouverneur de Pont-sur-Yonne, disant que, malgré sa résistance, il a été obligé d'ouvrir un passage à l'armée de Mazarin, et que les conseillers du Parlement envoyés contre le cardinal pour lui signifier des arrêts ont été l'un tué, l'autre blessé et fait prisonnier. On voulait, par cette émeute, « faire donner à la chaude » arrêt contre d'HocquincoLirt et tous les autres officiers qui servaient Mazarin... Enquête, par des gardes du duc d'Orléans, puis par le conseiller Portail, chez un banquier du quar-

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