ARRIVER DE MAZ\RIN
de ces témoignages de considération, la leçon donnée au Parlement de Paris par son chef et son représentant naturel produisit dans la capitale un fâcheux effet : on ouvrit l'avis de s'unir avec le prince de Condé « pour chasser l'ennemi commun. » Mais la majorité s'arrêta devant les graves conséquences d'un avis qui « ne tendait qu'à , une guerre civile, » et déclara qu'il ne «fallait passe lasser de faire des remontrances et d'exciter les autres Parlements à en user de la sorte; » et pour s'attacher le Parlement de Rennes, en même temps que pour décourager les ambitieux, on décida qu'il ne serait procédé à la réception d'aucun duc nouveau, pair ou maréchal, ni autre otïïcier de la couronne, avant que Mazarin fût sorti du royaume (23 janvier 1652).
C'était cependant une reculade dans le programme du tiers -parti : le duc d'Orléans, n'osant pas compter sur l'appui du Parlement, signait de son côté, et presque le même jour, une alliance secrète avec le prince de Gondé. Gondy, plus fidèle à sa politique, refusait de se laisser entraîner et restait seul ; aussi fut-il bientôt recompensé par le chapeau rouge : Paul de Gondy était maintenant le cardinal de Retz.
Pendant que ses ennemis faisaient ainsi faute sur faute, Mazarin avançait sans obstacle ', semant sur sa route une sorte de manifeste adressé au roi et à la reine, où il
1. Le ton des lettres inédites de Mazarin à l'abbé Fouquet nous semble assez curieux. De Gien, (18 janvier : « Les habitants m'ont parfaitement reçu... Je ne vois pas ce que pourront dire à présent ceux qui prônaient tant que mon entrée dans le royaume causerait une révolte générale et renverserait l'Etat... Les peuples ont fait des acclamations partout où j'ai passé, et ont témoigné une véritable joie de mon retour; il paraît par là la protection que Dieu prend de l'innocence, et que connaissant la pureté de mon zèle et de mon intention, il veut confondre mes ennemis et rendre inutiles tous leurs mauvais desseins, etc. »