‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 249 sur 420 · A POITIERS · texte numérisé non relu

A POITIERS

expliquait dans des termes pleins de dignité qu'il rentrait en armes dans le royaume « afin d'aider au i"i dans la guerre civile et étrangère qu'il soutient présentement, » et arrivait à Poitiers auprès du roi et de la reine, le 28 janviei^ Sa Majesté alla plus dune lieue au-devani de lui; le conseiller secret reprenait publiquement son ancienne position de premier ministre. Le soir, après souper, le roi, le duc d'Anjou son fi-ére, le cardinal et plusieurs seigneurs portant chacun une feuille de laurier*, allèrent saluer la reine, qui fit à l'exilé un accueil bienveillant. Autour de xMazarin se réunit bientôt un grand nombre de prélats, et entre autres les archevêques de Bordeaux, de Bourges, de Rouen, les évêques de Bazas, de Rodez, d'Angoulême, de Saintes, d'Évreux, de Saint- Brieuc et de Saint-Malo, et non contents de soutenir par leur présence la cause du ministre, ils la défendirent par les armes spirituelles : une censure avec excommunication fut lancée contre ceux qui liraient, garderaient, prêteraient, vendraient, réimprimeraient un livre intitulé « Question canonique : Si M. le prince a pu prendre les armes en conscience et si ceux qui prennent son parti offensent Dieu '? Contre les théologiens courtisans. > La censure va jusqu'à défendre à tout confesseur de donner l'absolution à ceux qui, « sous prétexte et mauvais principes du libelle, » sont engagés dans le parti des princes.

La présence de la cour à Poitiers était nécessaire pour raffermir les dispositions incertaines de la noblesse : dès les premiers jours, on voit dans la Gazette que le roi « voulant favoriser et protéger la noblesse du Poitou en

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