‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 252 sur 420 · RUINE DE L'ANJOU · texte numérisé non relu

RUINE DE L'ANJOU

fallait donc que celui-ci tînt assez longtemps pour permettre au roi des Halles de venir se mesurer avec le vrai roi. On ne doutait pas que dans ce cas Mazarin, pressé de tous côtés, ne fût obligé de renoncer à son plan de marche sur Paris, et dût même quitter la partie; si. au contraire, Mazarin était vainqueur, fort de ce succès il prendrait l'offensive et poursuivrait à outrance ses ennemis. Le Journal de Dubuisson donne mille détails sur cette préoccupation de la France et surtout de Paris ; la ville était inondée de papiers où les bruits les plus contradictoins couraient au sujet d'Angers *. La vérité était que de nombreux renforts arrivaient de tous côtés à d'Hocquincourt.

A la vue de ces préparatifs et de toutes ces terribles troupes que la renommée de leurs excès rendait encore plus redoutables, l'effroi se répandit dansAngers: la terreur fut au comble lorsqu'on vit que le grand archidiacre Garande, qui apportait des lettres de pardon et d'amnistie de la part du roi, n'avait pas été écouté par Rohan ; une députation de 800 bourgeois ou dames les plus considérables de la ville, conduite par madame de Leffretiére, ne fut pas plus heureuse auprès du duc; l'émeute seule l'intimida, et Angers capitula le 28 février. Le 3 mars, le Pont de Ce, où s'était jeté de Rieux, demandant 100,000 livres pour faire sa soumission, fut pris, et la garnison passée au fil de Tépée par les Polacres de Navailles. Dès lors la province était soumise et n'avait plus qu'à subir les exigences du vainqueur, et surtout la colère implacable d'Anne : la ville d'Angers fut taxée

1. Pour cette affaire d'Angers, qui ne dura que vingt-trois jours, M. Moreau cite plus de vingt pamphlets différents dans sa Bibliographie des mazarinades .

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