‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 268 sur 420 · DES PAMPHLETS DE LA FRONDE · texte numérisé non relu

DES PAMPHLETS DE LA FRONDE

raient sous ce tilre : Présages de changements en la monarchie des Français; d'autres excitaient ouvertement à un soulèvement général, « puisque tous les autres moyens avaient manqué; » disant qu'il n'est point de peuple qui n'ait droit de se faire justice lui-même, quand on refuse de le lui faire. Le Raisonnable plaintif allait encore plus loin dans ses déductions. « Quand tout le peuple, par un intérêt commun, se soulève contre l'oppression, ce n'est plus une rébellion et une désobéissance, c'est un procès dont la contestation se forme par une guerre et la décision s'en fait par le sort des armes, selon la volonté de Dieu, qui est le souverain du roi et du peuple. De quelque date que soit l'origine d'une monarchie, elle ne peut pas prescrire la liberté d'une nation qui lui a donné l'être et le commencement'.»

Les revers éprouvés par l'armée de la Fronde vinrent ajouter à l'irritation des esprits : Turenne, profitant d'une espèce de fête militaire donnée à Mademoiselle et à ses maréchales de camp, qui commençaient à s'ennuyer dans Orléans, surprend les factieux au moment où ils rentraient dans la ville d'Etampes, se jette à leur

i. Paris, 1652, 14 pages. — Nous pourrions multiplier à l'infini ces citations 5 nous n'indiquerons plus qu'une pièce : « Avertissement envoyé aux provinces pour le grand soulagement du peuple, sur la déclaration du duc d Orléans, 1632, 23 pages. » Ce pamphlet, publié en vertu d'une permission spéciale, contient le programme des plus larges réformes : réduction des tailles à 9 millions, comme en 1609, au lieu de plus de 50 millions; dispense pour les campagnes pendant trois ans; promesse de payement des rentes de l'hôtel de ville; rappel des intendants des provinces; convocation des États-Généraux à Paris; cahiers des Etats reçus pour lois; organisation d'une milice avec des officiers élus; des magasins établis pour l'entretien de l'armée; la gabelle délivrée à 25 livres le minot au lieu de 37, etc.. Il est à remarquer qu'on ne touchait aux privilèges d'aucune classe. C'était l'autorité royale qui faisait tous les frais de la guerre. L'avertissement est une sorte de charte où tout est réglé, même le prix du sel et du charbon...

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