SECOURS APPORTÉS PAR LP]S MISSIONNAIRES
s'agit (le satisfaire leur faim : à Hibemont, dès que les troupes sont pirties, les habitants de la ville, poussés par la faim, se jettent sur les champs où il est resié d'aventure quelque récolte, emportent la moisson, même avant qu'elle soit mûre. Les cultivateurs se plaignent à grands cris. Le procureur du roi du bailliage intervient: il fait publier par les rues une ordonnance du prévôt qui menace les maraudeurs « d'amende et de punition corporelle et exemplaire, lesdites amendes payables par corps. » Les menaces sont vaines, le désordre continue : « Ventre affamé n'a pas d'oreilles. » Le seul secours de ces malheureux venait de Paris, apporté par les disciples de Vincent de Paul.
« Depuis deux ans ou environ, écrit en avril 1652 le notaire Lehault, que les P. de la Mission distribuent de grandes charités aux pauvres de Marie et des lieux voisins, vont panser et soigner les malades dans leurs maisons, aux hôtels-Dieu et ailleurs, cela a fait un bien et profit qui ne se peut trop louer ni aucunement exprimer, étant certain que leurs bienfaits, soins et diligences ont fait éviter la mort à un très-grand nombre de personnes qui, sans li'ur assistance, fussent mortes de faim. Outre quoi beaucoup d'iionnêtes familles, tant de cette ville que d'ailleurs qui, par honte, n'osaient découvrir leurs misères, en ont aussi reçu un secours tout particulier, aussi bien que plusieurs prêtres et curés qui, pour ne recevoir aucun revenu de leurs bénéfices non plus que de leurs biens patrimoniaux, se ressentaient de la calamité publique et commune. » On se rappelle quels étaient les secours qui excitent une telle reconnaissance; ils disent assez la ruine générale : il s'agissait, deux fois par semaine, de potages composés de deux livres de graisse et d'une douzaine de pains de deux sous dont on faisait une panade pour 70 personnes ! Ajoutons les pamelles (l'orge) f|u'ils do;inent pour ensemencer les terres, aux pauvres laboureurs qui n'ont moyen d'avoir des si'mences, sans quoi « les trois quarts du peu de personnes qui restaient en ce pays eussent été contraints de l'abandonner pour n'y pouvoir vivre. »
Les missionnaires avaient encore à soulager des misères plus lamentables. « Une aumône que vous avez envoyée