CHARLES DE LORRAINE
pour les ouvertures de !a cour, réponrlit aux lettres aimables qu'Anne lui envoyait sous le couvert de M. de Brégy,dans lesquelles on souhaitait (jue, du Luxembourg, il allât loger au Louvre, et que ce fût le roi qui fît les honneurs de sa ville à un prince qui lui était si cher. Madame de Ghevreuse intervint également, et trouva un biais : satisfaire Monsieur et les Espagnols en faisant lever le siège d'Étampes, puis se rendre agréable à la reine en ramenant les troupes lorraines en Flandre. Celte conduite équivoque devait plaire à ce prince incertain, il la suivit sans balancer.
Depuis le 25 mai, Turenne assiégeait Étampes, défendu par Tavannes, de Clinchamp et Valon, En vain le roi était venu devant la place, elle n'avait pas voulu se rendre, et môme une batterie de fauconneaux avait tiré pendant que Louis XIV reconnaissait l'élat de la place, insulte que Tavannes avait déjà faite au jeune roi lors du siège de Seurre. La nouvelle de la défection de Charles, passant aux princes, soutint le courage de la place, qui ne capitula pas. Mais M. de Lorraine n'était pas un homme sur lequel on pût compter; dès le lendemain de son arrivée, le 3 juin, il avait vu Chàteauneuf et madame de Chevreuse, qu'il avait priée de transmettre ses excuses h la reine pour être entré publiquement à Paris, tandis qu'il n'avait que l'intenlioii de venir incognito voir sa sœur et son beau-frère ; qu'il était prêt à aller s'entendre avec le roi pour faire des propositions de paix générale. La cour ne pouvait repousser de pareilles avances; aussi, le 6 juin, un traité était conclu entre
1. Voir dans d'Haussonville la très-importante et très-curieuse lettre de Chàteauneuf à la reine, datée du 3 juin, à minuit, et les articles du traité entre Chàteauneuf et le duc de Lorraine, t. II, p. 482.