Ms. Dubuisson, p
■2. «Le lendeniMin, ces meurtriers et voleurs tout ensemble eurent assez d'impudence pour aller aux maisons d'aucuns particuliers demander le reste de l'argent qui leur avait été promis. L'on en arrêta deui seulement qui furent menés à la conciergerie du Palais et condamnés à mort; ce qui fut exécuté dans la cour du Palais, par l'appréhension que l'on avait qu'il n'arrivât encore sédition dans la Grève à leur sujet, d'autant plus qu'il y en avait un qui était officier de cuisine du prince de Coudé. Laisné, conseiller à la grand'chambre, qui était avec Gilbert de Voisins, commis pour informer contre eux, trouva écrit en grosses lettres sur sa porle : (( Si vous faites mourir ces deux prisonniers, vous ne vivrez « pas six heures après. » Conrart, Mémoires.
3. Ms. Dubuisson. Ce même témoin dit avoir vu arriver en Grève, par a rivière, avant le désordre, un bateau plein de soldats des princes qui se mêlèrent avec la canaille sur la place, et un conseiller de ville, de Bourges, a dit affirmativement à M. d'Orléans avoir reconnu parmi les officiers le major du régiment de Languedoc, assurant de plus que ceux qui le sauvèrent et le reconduisirent chez lui étaient des soldats des princes, auxquels il donna 100 écus; un nommé Poncet, officier du Parlement, donna 100 louis au trompette du régiment de Valois, qui le pauva (ces deux régiments dépendaient du duc d'Orléans).
DE COULAS AU DUC n'ORLÈANS. 395
parent, et trouvant dans la rue de la Verrerie un grand homme d'apparence accompagné, et ayant un hausse-col doré, dit exprés : « Voilà grande pilié de laisser périr tant d'iionnôles gens que l'on pourrait sauver, s'il y allait au secours seulement une escouade de chacune des compagnies de la colonnelledecequartier. » A quoi cet homme à hausse-col, qui sans doute était exprès pour cela, répondit : « Mort-Dieu, il faut que désordre arrive. »
Le vœu de l'homme à hausse-col était plus que satisfait, le désordre n'avait plus de bornrset personne n'était là pour l'arrêter; les princes étaient retournés au Luxembourg, à l'autre extrémité de la ville; quelques ciloyens courageux osent pénétrer jusqu'à eux, leur apprennent ce qui se passe à l'hôlel de ville, et présentent à Gaston le hillel que lui adressait son secrétaire Goulas, et dont nous avons i-etrouvé l'original à la bibliothèque impériale. Pour apprécier l'horreur de la situation, il faudrait que le lecteur vîl de ses propres yeux cebillei si concis; il comprendrait par cette écriture tremblée, illisible, sur un petit papier chiffonné, où aucune des régies de l'étiquette, si importante à cette époque, n'est observée, il devinerait la terreur qui s'était emparée de tous ces malheureux renfermés dans l'hôtel de ville.
« L'hôtel-de-ville est assiégé, on brûle la porte, et toutes les compagnies qui étaient à la garde ont fait leurs décharges dans les fenêtres de la grande salle ; tout est perdu sans votre secours, que tous les honnêtes gens de la ville réclament, et je vous assure qu'il n'y a pas un moment à perdre. Je suis, avec tout le respect que je vous dois, Monseigneur,
« Votre très-humble et très-obéissant serviteur,
« Go:;las.
. De l'hôtel-de-ville, ce 4 juillet 15'M.
« A Son Altesse Royale '. »
i. Fonds Gaignières, 362, t. LXl, f» 241. Bibl. imp., ms.