‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 303 sur 420 · CONTRE CONDE · texte numérisé non relu

CONTRE CONDE

Tout le monde en secret murmure de ton crime; Le sang de nos bourgeois nous défend d'en douter. Et nous demande à tous leur bourreau pour victime.

La seconde pièce, moins solennelle que le sonnet, est peut-être plus violente :

En mémoire de l'incendie Arrivé nouvellement, Condé veut éternellement Porter paille, quoiqu'on en die.

Ma foi, bourgeois, ce n'est pas jeu.

Craignez une fin malheureuse :

Car la paille est bien dangereuse Entre les mains d'un boutefeu *.

1. La folie redoutable de la paille fut poussée très-loin : deux mazarinades parlent d'une sorte d'ordre de chevalerie à créer, dont la paille serait l'insigne. Dans un de ces pamphlets, intitulé : Ordre de la Pa'lle institué pour combattre ies Mazarins, on trouve un fait qui, s'il est exact (ce que nous ne pouvons affirmer, puisque nous ne l'avons vu que dans ce libelle), vient encore fournir une nouvelle preuve de la misère : « Le lieutenant civil, sur la requête qui lui fut pré^entée que les prisonniers mouraient de faim, déclare que les parties (probablement, les créanciers) eussent à-leur livre.- 16 onces de pain par jour, ou il les laisserait sortir. » L'auteur de la mazarinade vt-ul qu'on enrôle dans le parti de la paille tous ces prisonniers pour combattre Mazarin.

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